« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour :
il ne manquerait pas de recueillir le mépris » (Cantiques des Cantiques : 8 : 7)
COOPERATION ILE-DE-FRANCE - CUA
REPORTING DES ENTRETIENS EN REGION ILE-DE-FRANCE MISSION (PARIS FEVRIER 2008)
Dans le cadre du partenariat entre la Commune Urbaine d’Antananarivo et la Région Ile-de-France, une délégation de la CUA s’est rendue à Paris du 7 au 9 février. Conduite par Andry Rajoelina, maire d’Antananarivo, la délégation était composée de Mme Yannick Rabemanantsoa, directeur de cabinet, de Mr Serge Radert, Adjoint au Maire en charge de la Sécurité, des Affaires Administratives et Financières, et de Jean-François Habeau, représentant de la Région Ile-de-France à Antananarivo.
Ce déplacement a eu pour double objet la programmation du partenariat RIF/CUA pour l’année 2008, ainsi que la rencontre des partenaires internationaux de la CUA à Paris tels que la ville de Paris et l’Agence Française de Développement. La rencontre avec les partenaires de la Région Ile-de-France a débuté par l’accueil de la délégation par le président de la Région Ile-de-France, Monsieur Jean-Paul Huchon pour une présentation générale de la Région et du partenariat. Par ailleurs président de Metropolis, Mr Huchon a présenté à la délégation malgache le fonctionnement et les actions de l’organisation, et a rappelé la forte implication de la CUA en tant que Vice président du pôle Afrique.
Un déjeuner avec madame Haddad, Vice-présidente de la région en charge des affaires internationales et européenne est venu compléter et détailler les informations sur le partenariat et ses perspectives.
Des échanges techniques se sont ensuite tenus avec les responsables de l’unité des affaires internationales et européennes de la région afin de pouvoir arrêter une programmation des actions pour l’année 2008. Ses échanges ont abouti sur la réalisation de plusieurs actions :
Lancement de l’Institut des métiers de la ville (IMV) des le début du mois de mars.
L’IMV sera une structure rattachée à la CUA en appui au renforcement de compétences des services de la CUA par la formation des agents de la commune, par des expertises internationales et par des études d’appui à la conception de projets menées par la CUA.
Elargissement du volet sanitaire et social mis en œuvre par l’ONG East qui permettra la réalisation d’équipements communautaires dans les quartiers de la capitale, la réhabilitation d’EPP (bâti, toilettes, points d’eau, cantines scolaires), la sensibilisation aux règles d’hygiène de base dans les écoles et les quartiers, et le travail sur la dépollution du marais Masay.
Appui au volet tourisme du Plan Vert avec le projet Ecotanana. Mené par PlanetFinance en étroite collaboration avec la CUA et les partenaires locaux, ce projet vise à développer les offres touristiques à Antananarivo par la valorisation du patrimoine identitaire de la ville à travers la formation de petits opérateurs touristiques (artisans, gérants de maisons d’hôtes& de guides touristiques) et la mise en place de parcours écotouristiques.
Mise en place de terrains de sports de quartiers développés par la CUA et des associations sportives de quartiers, ce projet vise à proposer des infrastructures sportives adaptées dans les quartiers. Des associations locales seront impliquées dans les travaux de réhabilitation et seront responsables des entretiens des équipements mis en place. Elles pourront générer de l’activité par l’organisation de tournois de quartiers.
A travers ces actions, les jeunes des quartiers seront sensibilisés aux notions de travail, de citoyenneté, de civisme et de toutes les règles que le sport génère de manière générale.
Lancement du volet transport. Une première enveloppe permettra le lancement d’études dans ce domaine afin de structurer une autorité organisatrice de transport à la CUA et de lancer les premiers travaux de pistes cyclables et lignes de bus en sites propres.
Ces actions seront proposées aux commissions permanentes de février (IMV) et de mai où les projets seront soumis à l’approbation des élus de la commission de la région Ile-de-France.
Antananarivo , zone d'action de la région
Liée à l'Île-de-France par un accord de coopération depuis 1989, la Commune urbaine d'Antananarivo (CUA) fait l'objet de nombreux programmes autour d'enjeux aussi essentiels que l'hygiène, l'urbanisme ou l'environnement.
Les jeunes malgaches en Île-de- France
L'accord de coopération décentralisée, liant la CUA à la Région , intègre notamment l'accueil d'étudiants et le financement de bourses d'études supérieures, en Île-de- France. Mais c'est surtout dans la Grande Île que la politique régionale est menée.
Priorité à l'hygiène
Formalisée en 2000, la politique régionale « (…) est un véritable schéma de développement solidaire, qui se traduit aussi par des actions de solidarité à l'état pur. » a expliqué Danielle Petit-Vu, chargée de mission à la Région et spécialiste de la zone. Sensible aux problèmes d'hygiène, l'Île-de- France avait à l'époque décidé d'installer à Antananarivo des bornes-fontaines, lavoirs et autres douches publiques, avec l'aide de l'association française des volontaires du progrès. Dans le cadre plus large de la lutte contre la pauvreté, le premier volet lié à l'hygiène s'est rapidement étendu aux problèmes des écoles et des centres sociaux (vétusté des installations, nutrition…) et de nombreux travaux de réhabilitation ont été entrepris.
Le « Plan vert », schéma directeur d' Antananarivo
Après la crise politique de 2002, un schéma baptisé « Plan vert » a été défini avec l'Île-de- France. Voté fin 2004, il a établi des priorités liées à l'urbanisme - avec un souci de préservation du patrimoine - et au développement solidaire, en impliquant les acteurs locaux. La volonté de la Région étant de faire avancer les classes les plus défavorisées.
Formation professionnelle, classification de zone protégée, relance de filières locales, création d'un pôle artisanal, aménagement de la zone des marais Masay, éducation à la nutrition… sont autant de points abordés par le programme. Des projets visant à pouvoir permettre aux familles de générer des revenus et de renforcer la cohésion sociale dans les quartiers d'Antananarivo. À titre d'exemple, l'école primaire publique d'Ivandry, située aux abords du marais Masay, a été retenue pour des interventions conjuguant améliorations sociales et sanitaires, aménagement de mini potagers et sensibilisation à la pédagogie de projets pour l'amélioration du quotidien des enfants, des parents et des enseignants. L'inauguration du site rénovée a eu lieu en janvier 2006. « Ce plan permet de mener des actions transversales. À Antananarivo , il y a beaucoup de problèmes à régler et donc nous travaillons aussi bien sur le tourisme, que sur l'aspect socio-sanitaire ou la formation professionnelle. » a déclaré Mme Petit-Vu la chargée de mission. Depuis 2005, 711.000 euros ont été consacrés à ce « Plan vert », auxquels sont venus s'ajouter 173.000 euros pour le volet socio-sanitaire, en 2006.
Des volontaires du progrès sont présents sur le terrain pour coordonner les actions. Mais « il demeure difficile de faire du développement à moyen et long terme dans une telle situation d'urgence , explique Danielle Petit-Vu. Et il est important de sortir d'une logique d'assistance pour permettre de vraies améliorations. Ce qui est encourageant, c'est que nos relations de proximité avec la commune d' Antananarivo nous permettent d'impulser une réflexion et de lancer les programmes. Ensuite, nous cherchons des co-financements auprès des bailleurs internationaux. » L'expertise de l'Île-de- France lui a valu d'être sollicitée récemment par l'association des régions, pour être le chef de file de la coopération décentralisée à Madagascar.
En ce qui concerne la CUA , il est indéniable que cette coopération sera poursuivie et même renforcée durant le mandat du nouveau Maire, Monsieur Andry Rajoelina si l'on se réfère à son programme de développement de la Capitale de Madagascar.