« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour : il ne manquerait pas de recueillir le mépris »
(Cantiques des Cantiques : 8 : 7)
Questions des journalistes
L’émission « L’Invité du Zoma » du 12 septembre 2008, a permis à des journalistes de poser des questions en direct et directement au Maire Andry Rajoelina. Voici, intégralement, ces questions et leurs réponses.

Rolly Mercia, « La Vérité » :
Monsieur le Maire, les rumeurs parlent d’une démission de votre part, à cause de ce bras de fer entre le pouvoir et la CUA. Le Tgv ira-t-il jusqu'au bout ou s’arrêtera-t-il en cours de chemin ?
Andry Rajoelina :
Je l’ai déjà dit, tout à l’heure : mon équipe et moi  sommes prêts à relever le défi. Nous ne nous arrêterons pas en cours de chemin mais nous irons jusqu’à la gare finale, c’est-à-dire, dans quatre ans. Notre mandant est de quatre années et, comme je l’ai déclaré tout à l’heure, il n’est pas de huit mois. Aussi, quoi qu’il arrive, quels que soient les facteurs de blocage nous irons toujours de l’avant.  Ce que nous souhaitons tous, c’est un partenariat pérenne et sans détour avec le pouvoir central.

Soava Andriamarotafika, « Telo NohoRefy » :
Un quotidien de ce jour a révélé la médiation d’un homme politique qui a permis votre rencontre avec le Président de la République : Tout à l’heure, vous avez dit que des « Ray aman-dreny » ont participé, se sont mobilisé pour que cette rencontre ait lieu. Pouvez-vous nous citer le nom de ces « Ray aman-dreny » et leur domaine d’intervention ?
Andry Rajoelina :
Tous les « Ray aman-dreny » d’Antananarivo se sont mobilisés comme cela est fréquent lorsqu’il existe des problèmes sérieux au sein de la Nation, requérant rencontre et dialogue pour les résoudre. Comme c’était le cas entre la CUA et le pouvoir centre. Il y a donc eu cette rencontre qui a abouti à des solutions.

Manjaka Tsiresy, « Madagascar Tribune » :
Ce bras de fer a-t-il eu des répercussions, vis-à-vis des partenaires comme la Région Île-de-France et d’autres qui veulent travailler avec la CUA ?
Andry Rajoelina :
La CUA travaille avec de très nombreux partenaires et nous ne sommes pas restés les bras croisés durant les huit derniers mois. Je prends l’exemple de la mise en place d’une unité de traitements de déchets à Antananarivo. Peu après ma prise de fonction, je me suis rendu dans la Région Île-de-France, avec mes collaborateurs. Le résultat de ce déplacement a été fructueux bien qu’il faut du temps pour concrétiser les projets. Mais je peux vous dire que nos relations se sont raffermies encore plus pour le développement de la CUA.

Iloniaina Alain, « Express de Madagascar » :
Quid du déclassement vers la catégorie 5 de la Commune urbaine d’Antananarivo ? En avez-vous discuté avec le Président de la République et avez-vous trouvé une solution.
Andry Rajoelina :
Nous n’avons pas abordé ce sujet précis. Mais cela fait partie de nos requêtes. En effet, ce déclassement peut paraître comique dans le sens où les petites communes comme Maroantsetra, Ihosy font partie de la catégorie supérieure à celle de la ville d’Antananarivo, Capitale de Madagascar. Ce déclassement ralentit beaucoup notre vitesse de développement, au niveau du trésor

Manjaka Tsiresy, « Madagascar Tribune » :
Quid des remblayages dans la ville d’Antananarivo ? En effet, il paraît que l’on va vous enlever vos pouvoirs dans ce domaine. En avez-vous parlé ?
Andry Rajoelina :
En matière de remblayage, de construction de mur et d’immobilier, cela fait partie intégrante des attributions de la CUA seule habilitée à délivrer des autorisations pour ce faire, après l’éavis technique de l’APIPA. Souvent, chez nous, les rumeurs semblent devenir réalités et ensuite des décrets émanent d’en haut… Le partenariat CUA-pouvoir central ne doit pas reposer sur des décrets et des décisions.

Rolly Mercia, « La Vérité » :
Le porte-parole du parti au pouvoir Tim a fait allusion, récemment, au fait que, obnubilé par vos problèmes, vous seriez incapable de tenir vos promesses électorales en jouant le registre de la victimisation ? Quid alors des projets centre commercial et Antsonjombe ? Y—a-til déjà un budget pour ces projets ?
Andry Rajoelina :
Je répète que le mandat du maire est de quatre ans. Logiquement, ce délai doit permettre aux maires qui se succèdent de réaliser leurs projets de développement. Je vous rappelle que, depuis ma prise de fonction, nous avons réalisé plus des 40% de nos promesses, si je ne parle que des cours gratuits, de l’installation de nouvelles bornes fontaines. Cela a été effectué, malgré les difficultés de partenariat avec la Jirama et plus de 60 bornes fontaines ont été ouvertes au public. C’est-à-dire, à un rythme de 10 par mois. J’avais aussi déclaré que je ne percevrais aucun salaire. Et je ne touche rien depuis ma prise de fonction, cela est tout à fait vérifiable. Je n’utilise même pas la résidence de fonction attribuée au Maire. Je n’utilise aucun avantage de ce genre liée à ma fonction, bien que cela soit mon droit. En matière de réalisation de projet, je peux vous dire, qu’à l’heure actuelle, il y a des opérateurs économiques, hormis l’Hôtel de ville, qui étudient la modernisation d’Antsonjombe. Un calendrier et un programme de travail transparents ont déjà été établis avec ces opérateurs économiques. En ce qui concerne les marchés municipaux, à l’heure où je vous parle, un grand marché moderne est en chantier, dans le cadre des 3P ou Partenariat Public Privé. Ainsi, si nous n’avons pas grand’ chose sous la main, il est heureux que de nombreux donateurs nous appuient. Ainsi, vous verrez que dans quelques mois, les travaux de construction de ce marché débuteront.

Patrick Mahefa, « Ao Raha » :
Première question : quid des Chefs Fokontany ? Seconde question : avez-vous passé un « Deal » avec le Président, en échange de ses interventions ? Troisième question : quid de l’immense remblayage sur la route digue ?
Andry Rajoelina :
Concernant les Chefs Fokontany : selon la loi, leur mandat aurait du expiré avec la fin du mandat de mon prédécesseur. Cela fait aussi partie de nos requêtes que nous puissions bénéficier de la même l’organisation que celle de mon prédécesseur. Actuellement, il n’y a plus aucun lien entre la Mairie et les fonctionnaires au sein des Fokontany, nommés par le Chef de District. Jusqu’avant mon élection, les Chefs Fokontany étaient nommés, ou du moins, proposés par le Maire. Il ne faut pas perdre de vue que ce sont les 63,27% des électeurs de la ville d’Antananarivo qui m’ont élu Premier magistrat de la Capitale. Si l’on considère ce pourcentage, cela signifie clairement que les 63,27% des Chefs Fokontany de la ville d’Antananarivo auraient du être nommés ou proposés par le nouveau Maire et officialisés par le Chef de District.
Secundo, il n’y a eu aucun « Deal », aucune condition n’a été posée lors de mon entrevue avec le Président et avec le Premier ministre. Il y a eu des problèmes d’ordre technique résolus par des solutions toutes aussi techniques. Ainsi, le Samva et la gare routière d’Ampasampito reste sous l’entière direction et responsabilité de la CUA.
Enfin,  propos de remblayage. Je répète que c’est la  CUA qui est seule habilitée à délivrer des autorisations permettant ou non de procéder à un remblayage. Cela après avis technique de l’APIPA.