« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour : il ne manquerait pas de recueillir le mépris »
(Cantiques des Cantiques : 8 : 7)
M. Siebecke Rakotozafy : "On ne gouverne pas un pays par décret"

29 août 2008

M. Siebecke Rakozotafy  est ingénieur qualiticien, ancien directeur d’exploitation agricole qui, après avoir vécu 40 ans en Europe, est retourné définitivement au pays pour participer à son développement rapide prôné par le Président Marc Ravalomanana. Il était l’invité du journaliste Jean-Paul Randrianirina, dans son émission hebdomadaire sur Viva télévision. C’était le vendredi 29 août 2008. Extraits de son intervention.

M. Siebecke Rakozotafy sur le plateau de Viva télévision, le vendredi 29 août 2008

« On ne gouverne pas un pays par décret ! Cela signifie qu’il faut toujours chercher des arrangements-consultations. Cette manière de diriger par décret est devenue anti-constitutionnelle. Lors d’un émission télévisée, le Directeur général de l’Agence des transports terrestres (ATT) avait déclaré qu’ils allaient prendre la concession. Je dis non ! Une concession ne se prend pas mais plutôt on la lui octroie si Moramanga et Antananarivo le veuillent. A partir de là, on la leur concède, dans les termes de la loi « concédé par les collectivités locales ». La logique et la légalité est donc, selon la nouvelle Constitution : concession de la Commune à l’ATT et pas autre chose. Mais celle-ci se considère comme propriétaire. De quel droit ? Grâce à un décret… Ainsi, le poste de direction générale est devenu un poste de sublimation ! Parce que c’est un copain à qui on doit offrir un honneur. Si le ministère de la Décentralisation respectait la loi, elle devrait respecter le délai de 30 mois pour trouver un accord avec la Commune afin de chercher le meilleur moyen de se voir concéder cette gare routière d’Ampasampito. En tant que « ray aman-dreny, le gouvernement devrait avancer des solutions comme, par exemple, la création d’emplois pour les rabatteurs (« mpanera »), aider les deux parties effectivement en leur demandant de s’entendre une bonne fois pour toutes… Mais la Direction générale de l’ATT se comporte comme ceci : le Pouvoir central  m’a donné cette gare, elle est donc à moi. Or, le décret date de 1996, donc il est caduc. Il s’agit alors d’un vrai poste de sublimation ou du népotisme pur et simple. Je ne cherche pas d’histoires avec ce Directeur général mais je réitère que ce poste est un poste de sublimation se référant à la mise en place d’un tramway à Antananarivo. Mais à cette époque, c’était un Président de délégation spéciale ou PDS qui dirigeait la ville, sous contrôle direct de l’Etat. Actuellement, le Maire est un homme libre, jeune, sain. Plus de 63% des électeurs l’ont choisi, lui. A propos des chefs fokontany ? Ils n’ont aucune autorité de nos jours ! Ils ne peuvent même plus ordonner aux gens de balayer les ruelles de leur quartier respectif. Parce qu’ils n’ont pas été élus par leurs riverains mais nommés par le Chef du District. Maintenant, ils rasent vraiment les murs… Ils ont honte. Mieux vaut un illettré en qui nous avons confiance et que nous avons élu et que nous portons, qu’un parachuté sans aucune autorité, comme c’est le cas présent. Si notre Chef Fokontany est nul, ce sont les riverains eux-mêmes qui le sont. C’est cela la démocratie : on ne paie pas quelqu’un d’incompétent. Et puis, ce que je trouve étrange, c’est que tous les Chef Fokontany nommés sont issus du parti Tim. Je ne cherche pas d’histoires avec le Tim, ce n’est pas mon problème, mais il faut changer d’attitude les gars ! C’est d’ailleurs que demande le Président de la République. La solution ? Faire un balayage comme les Européens. En France, lors de la récente élection présidentielle, le parti Ump avait raflé tous les sièges. Six mois après, contre-élection municipale, l’opposition a raflé la majorité des sièges : 23 sur 24 ! Les incompétents, dehors, selon les propres termes de Monsieur le Président qui a fait prêté serment aux hauts fonctionnaires : directeurs généraux, secrétaires généraux… Vous êtes là pour être compétents. Dans le cas contraire, je vous limogerai. Cela dans l’optique du développement rapide et durable… Pour terminer, j’ai un message à faire passer à tous les médias, tous les Sénateurs, tous les Députés, tous Maires, toutes les supports médiatiques privés : donnez donc un espace de liberté à la démocratie ! Les racines de cette dernière, à Madagascar, sont les « fokonolona » (globalement, le peuple). Il faut lui donner la parole ».