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« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour :
il ne manquerait pas de recueillir le mépris » (Cantiques des Cantiques : 8 : 7) |
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Roland Ratsiraka : « le Maire Andry Rajoelina achèvera son mandat »
Roland Ratsiraka, ancien Maire de la ville de Toamasina et président fondateur de l’Association MTS était l’invité de Tv Plus, pour l’émission « L’Invité du Zoma », du vendredi 26 décembre 2008. Extraits de son intervention à propos de la ville d’Antananarivo.
Vous avez été maire de la ville de Toamasina. On sait ce qu’il se passe à Antananarivo, Capitale de Madagascar. Je me rappelle e qu’a déclaré le maire Andry Rajoelina, sur ce même plateau : « Actuellement, c’est le Tim qui fait figure d’opposant à Antananarivo parce que c’est l’association Tgv qui dirige la ville ». Lorsque vous dirigiez la ville de Toamasina, on pourrait aussi dire, qu’à l’époque, le Tim y était l’opposant ? Vu donc ce qui se passe à Antananarivo beaucoup font un parallèle entre ce que vous avez vécu et ce que vit le maire Andry Rajoelina. Quel est votre point de vue à ce sujet ? Roland Ratsiraka : J’aborderai ce sujet dans le volet sentimental. Mon épouse était désemparée lorsque j’étais maire. Je suis certain que l’épouse du maire Andry Rajoelina l’est aussi actuellement. Je les soutiens, elle et son mari, en ce qui concerne les responsabilités que la population de Tananarive leur a confié et les actions que le maire entreprend font désormais partie de l’histoire de Madagascar. Effectivement, il vit les mêmes affres que j’ai vécu, mais il possède un avantage : le pouvoir n’osera pas le jeter en prison. Onitiana Realy : Qu’est-ce qui vous fait dire cela ? Roland Ratsiraka : Nous sommes à Antananarivo. Le pouvoir actuel sait pertinemment que l’opinion publique d’Antananarivo détient l’avenir de Madagascar. C’est-à-dire qu’il faut respecter l’opinion du plus grand nombre parce que la Capitale de Madagascar possède un poids non négligeable. Face à cela, le pouvoir devra faire très attention. Mais il y aura encore et toujours des coups bas ! Le comble c’est que le premier dirigeant du pays est un ancien maire de la ville d’Antananarivo. A cette époque le Président était Didier Ratsiraka. Il n’y avait aucun blocage des subventions, aucun bocage de ceci et de cela. J’ai envie de leur apprendre qu’il fallait respecter et accepter mon existence du temps que j’étais dans l’exercice de mes fonctions de maire : vous êtes Premier ministre, ministre, Président de la République. J’ai le droit de dire bonjour même si l’on ne mange pas à la même table, même si l’on n’est pas sur la même longueur d’onde. Mais devant la population et vis-à-vis du reste du monde, il devait y avoir un minimum de respect mutuel. Un pays développé a pour base une bonne mentalité et le développement n’y est pas un outil. Madagascar existe sur l’Internet ! En l’an 2000, j’étais aux Etats-Unis. J’avais voulu acheter une puce car je voulais téléphoner. On m’a répondu que ce n’était pas possible. A cette époque donc, les Etats-Unis étaient en retard dans ce domaine, par rapport à Madagascar où l‘on pouvait déjà acheter des puces pour téléphone portable. Le développement n’est pas une question d’outils, une question de posséder des appareils, d’immenses buildings mais c’est une question de mentalité, de manière de travailler, de bonne gouvernance. Onitiana Realy : Vous avez dit tout à l’heure que vous soutenez le maire d’Antananarivo. Vous, vous n’avez pas achevé votre mandat parce que vous avez été jeté en prison. Vous avez été remplacé par un Pds (Président de délégation spéciale). En tant que simple observateur de la vie de la Nation, puisqu’à l’heure actuelle vous n’êtes ni élu, ni député, ni maire, pensez-vous que le Maire Andry Rajoelina terminera son mandat ? Il a d’ailleurs clamé orbi et urbi qu’il achèvera son mandat coûte que coûte. Vous avez dit la même chose mais vous avez fini par être emprisonné. Le Maire Andry Rajoelina achèvera-t-il son mandat jusqu’au bout ? Roland Ratsiraka : Je rappelle que le message adressé au pouvoir actuel par la population d’Antananarivo est claire et limpide : « nous ne sommes pas d’accord sur ce que vous faites ». A part cela, elle approuve déjà toutes les actions de développement de son maire qui n’a pas encore vraiment commencé car c’est son premier mandat. Mais avant d’avoir été élu maire, il avait déjà fait de nombreuses actions d’œuvres sociales. Pourquoi n’achèverait-il pas son mandat ? Soit le pouvoir trouvera une suspension bidon comme il l’a fait à mon encontre, soit il invoquera des motifs quelconques sans fondement en finalité. C’est tout ce que le pouvoir pourrait faire. Mais la France, les Etats-Unis, l’Union européenne… présent sur place sont conscients et au courant que tous ceux qui font partie de l’opposition à Madagascar sont muselés d’une manière ou d’une autre, qu’on les empêche de jouer pleinement leur rôle et d’exercer pleinement leurs attributions au sein d’une soi-disant démocratie. De même que tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la politique de gouvernement dans de nombreux domaines. Je suis donc persuadé qu’en connaissance de cause, le pouvoir y réfléchira à deux fois avant de commettre l’irréparable… Sincèrement donc, je pense que le maire Andry Rajoelina achèvera son mandat. Onitiana Realy : Que signifie suspension bidon ? Roland Ratsiraka : Je ne connais pas la structure du conseil municipale de la ville d’Antananarivo. J’ignore la proportion des conseillers Tgv et Tim, ces derniers représentant le pouvoir. Chacun devraient respecter l’éthique et ne pas retourner leur veste. Une fois la suspension en branle, elle est validée en conseil des ministres mai seulement si le plus grande nombre de conseillers municipaux l’a approuvée et sur la base de motifs valables en regard de la loi. Mais attention, cette suspension ne doit pas dépasser les trois mois. Passé ce délai, le pouvoir doit remettre en fonction le maire suspendu. Pour moi, la suspension a duré pour toujours !... Lorsque j’étais en prison, le Chef de district est venu pour me faire signer une prolongation de suspension. J’ai répondu : vous osez faire signer au Premier ministre une suspension sans motif valable et illégale ? Or il faut savoir que mon grand-père maternel était ministre de la Justice, durant six ans, sous Philibert Tsiranana. Il doit se retourner dans sa tombe et se dire qu’il y a quelque chose de pourri au sein de l’administration à Madagascar. En fait, j’aurai du être condamné avant d’avoir été jeté en prison. Mais non : suspension, suspension, suspension… Faites ce bon vous semble de moi mais je persiste et signe pour dire que je me porte un défenseur pour ce à quoi aspire vraiment la population malagasy. Et je ne suis pas le seul. Il y en a beaucoup et je ne me renierai jamais quoi qu’il arrive. Recueillis et traduits par Jeannot Ramambazafy
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