Marc Ravalomanana : désinvolture choquante



Marc Ravalomanana sur Tvm et Mbs
(7 février 2009)

Désinvolture choquante mais la vie ne sera plus comme avant pour les Malgaches

Atteint par la maladie du pouvoir éternel, Marc Ravalomanana est-il devenu l’incarnation du Mal ? Au soir de ce massacre du 7 février 2009 -le troisième carnage de l’Histoire de Madagascar du genre, après celui du 13 mai 1972 par les Forces républicaines de sécurité ou Frs, sur la place qui porte le nom de cette date, et celui de la Grande marche de la liberté (« Diaben’ny fahafahana »), le 10 août 1991 aux alentours du palais d’Iavoloha, à l’aide de mines anti-personnelles enterrées dans les rizières alentours, l’utilisation d’armes lourdes guidée par « Masoandro » du haut d’un hélicoptère- M. Ravalomanana a fait une déclaration, entendue et vue en boucle sur Tvm et Mbs jusqu’à minuit passé. Je m’en vais d’abord vous transcrire son « message » en malgache, puis le traduire au plus près dans un français «facile » comme ils disent sur Rfi pour qui tous ceux qui sont  vêtus d’une tenue de combat sont des « policiers ».

« Eo anoloan’ny zavatra nitranga tetsy Antaninarenina, eo anoloan’ny Palais-n’Ambohitsorohitra, androany 7 febroary 2009, izay namoizana ain’olona, dia manao izao fiaraha-miory sy antso ho an’ny vahoaka malagasy izao aho : mampalahelo dia mampalahelo tokoa ny zavatra nitranga satria nentanina ny olona andeha hiakatra ho eny Ambohitsorohitra ary haka ny Palais. Mahafantatra sy mahita isika mianakavy fa dia tena sangy mihoatra ny loha ary zavatra tsy fanao mamoafady eto amin’ny tany sy ny fanjakana. Tamin’ny eriny toa izao dia nanao fanambarana ampahibemaso izy (Andry Rajoelina) hoe haka ny fahefana. Androany dia niakatra teny Antaninarenina nitondra vahoaka marobe izay tsy voafehy haka ny Palais-n’Ambohitsorohitra.

Miombona alahelo sy mafy tokoa raha mafy izany mamoy mpiray tanindrazana izany. Tsy izany mihitsy akory ny tanjona, fa ny tanjon-tsika dia mampandroso sy hanatsara ary hanasoa ny vahoaka malagasy. Koa manao izao fanambarana izao aho, izao antso izao : mba samby hamerina sy hiezaka hanao izay tratry ny ainy isika mianakavy, hamerenana amin’ny laoniny indray ny fiainana eto Madagasikara. Manana soatoavina isika Malagasy, manana ny maha izy azy isika. Koa dia miantso ny tompon’andraikitra sy ny mpitandro ny filaminana aho mba anao izay azo atao mba hamerenana indray ny filaminana eto amin’ny tany sy ny fanjakana. Ary miantso ny vahoaka malagasy rehetra mba ho tony hiasa-hiaraka amin’ny mpitandro ny filaminana sy ny miaramila. Zava-dehibe ny miasa miaraka. Ary anao araka izay azo atao isika mba hisian’izany fiarahamonina tsy misy raorao izany.


Tsy mitsahatra ny fifanakalozan-kevitra ; tsy mitsahatra ny fihaonana nefa dia mbola misy ihany ny zavatra toa izao. Ireo vaovao tsy marina, ireo fanentanana amin’ny haino aman-jery, ireo fihetsika izay tena hita fa miantsy amin’ireny radio na télévision ireny, mba mieritrereta ihany ianareo. Manana taranaka ihany koa ianareo. Koa dia mino aho fa vahoaka endry, vahoaka mahalala ny tokony atao ny vahoaka malagasy. Ka dia samby hiezaka isika hampiverina amin’ny laoniny indray ny fandriampahalemana sy ny fiainana hanatsarana ny fiainan’ny vahoaka malagasy. Homban-tsika mandrakariva anie Andriamanitra ».

TRADUCTION

Face à la chose qui s’est passé à Antaninarenina, devant le palais d’Ambohitsorohitra, aujourd’hui 7 février 2009, qui a entraîné mort d’hommes, je compatis et lance cet appel au peuple malgache : la chose qui s’est passée est triste, très triste car les gens ont été dirigés pour monter à Ambohitsorohitra prendre le palais. Nous savons et nous voyons tous que c’est dépasser les bornes et quelque chose de tabou au sein de la Nation (terre + administration publique). Le samedi précédent, au même moment, il (Ndlr : Andry Rajoelina) avait déclaré en public qu’il allait prendre le pouvoir. Aujourd’hui, il est monté à Antaninarenina pour prendre le palais d’Ambohitsorohitra, accompagné d’une foule immense qui n’était pas maîtrisée (ou maîtrisable).

Je compatis avec tristesse et c’est extrêmement dur que de voir des compatriotes perdre la vie. Ce n’est vraiment pas l’objectif, mais notre objectif et le développement pour améliorer le sort du peuple malgache. Aussi, je fais cette déclaration cet appel, suivant : que nous déployons tous, tous nos efforts pour rétablir la vie (il a bien dit « fiainana », vie et non « filaminana », ordre) à Madagascar. Nous avons nos valeurs intrinsèques, nous avons nos spécificités. Aussi je lance un appel aux responsables et aux forces de l’ordre de faire tout leur possible pour faire revenir l’ordre dans la Nation. Et je lance un appel au calme au peuple malgache et qu’il œuvre de concert avec les gardiens de la paix et les militaires. Travailler ensemble est une grande chose. Et nous allons faire tout notre possible pour que nous vivions dans une société sans complication.

Les dialogues et les rencontres n’ont jamais cessé pourtant une chose comme çà est encore arrivée. Les fausses nouvelles, les émissions audiovisuelles, les gestes et paroles qui incitent à la révolte sur ces radions et télévisions : pensez-y grandement. Vous avez aussi des descendants. Aussi, je crois que le peuple malgache est un peuple sage qui sait ce qu’il faut faire. Aussi, que chacun fasse des efforts pour rétablir la paix et la vie en société pour améliorer le quotidien du peuple malgache. Que Dieu soit toujours à nos côtés.

Cliquez sur la photo pour entendre ces déclarations désinvoltes

Le peuple malgache étant en deuil, je me passerai de tout commentaire. A vous de voir. Seulement, il y a des films vidéo, des cassettes audio -déjà diffusés au public- qui pèseront lourd dans la balance, lorsque viendra le jour du jugement de ce régime totalement haï par la majorité des Malgaches à présent, quoi qu’il dise quoi ou qu’il fasse. Dans l’immédiat, il risque de réprimer sans discernement. Mais, croyez l’histoire de Madagascar récente, cela ne durera qu’un temps car la vérité sur ce qui s’est réellement passé arrivera aux oreilles des décideurs (et des bailleurs de fonds) et ce pouvoir fratricide -quel que soit ses arguments avancés- devra composer avec la population malgache elle-même. Ce sera l’occasion rêvé du retour à la censure ; viendra le temps des délations, du chacun pour soi et Dieu pour tous, bref de l’ère Dgid, la police politique du pouvoir Arema de Didier Ratsiraka. Marc Ravalomanana : dès aujourd’hui, demandez-lui  tout ce vous voulez -il obéira terrorisé (par lâcheté diront certains)- mais ne demandez jamais au peuple malgache d’oublier ce massacre de ce 7 février 2009. Quand viendra le moment de rendre des comptes, car ce moment viendra inéluctablement, je n’aurai pas à vous plaindre ni à avoir aucun compassion pour vous car cela fait déjà trop longtemps que je vous ai averti. Moi qui ai voté deux fois pour vous mais qui admets avoir été berné. Comme la majorité des Malgaches d’ailleurs. 

Transcription et traduction : Jeannot Ramambazafy - Journaliste