« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour : il ne manquerait pas de recueillir le mépris »
(Cantiques des Cantiques : 8 : 7)
Pasteur Richard Andriamanjato : "Un phénomène de blocage de situation qui n'est pas digne d'un gouvernement central "
Le Maire Andry Rajoelina et le Président Marc ravalomanana, en très bonne entente, le 26 juin 2008, au stade municipal de Mahamasina

Alors que, depuis le 20 décembre 2007, le Chef d’Etat malgache lui-même, avait promis son appui aux efforts de toutes les  communes de Madagascar, sans exception, les agissements de certains hauts commis de l'Etat semblent démontrer le contraire. Et, apparemment, cette promesse ne concerne pas la Commune Urbaine d’Antananarivo. Mais qui veut-on piéger réellement à terme ? Le Président Marc Ravalomanana ou le Maire Andry Rajoelina, avec ces pratiques du siècle dernier ?

Un des cinq parking électroniques payant aménagés par la CUA et qui seront fonctionnels au début du mois de septembre 2008. Une source de finances non négligeable

Des recettes de la Commune, d’une valeur de 880 millions d’Ariary, ont été retenues par le Trésor public. Selon ce dernier, cette somme restera dans la caisse publique pour servir de remboursement des dettes de la Commune Urbaine d’Antananarivo  (CUA) enregistrées depuis…1980. Une décision qui coïncide machiavéliquement avec les débuts de projets de développement et des travaux de rénovation et d’embellissement de la ville d’Antananarivo.

Une vue d'ensemble de la gare routière d'Ampasampito, dont la gestion par la CUA satisfait le grand nombre, devenu objet d'une décision inique de la part du pouvoir central en place, à cause d'une seule coopérative de transport public par qui le scandale est arrivé

Par ailleurs, le ministère des Transports vient de décider de concéder la gestion de la gare routière d’Ampasampito à l’Agence des Transports Terrestres ou ATT. Une décision dont l’arrêté n°005-MT a été signé par  Premier ministre Charles Rabemananjara lui-même, après une plainte déposée par la Kompima. La gare routière d’Ampasampito est donc mise en concession à l’ATT. Flash back sur les principaux faits. Le terrain sur lequel la gare routière a été bâtie a été acheté par la CUA à un particulier en 2006. Tous les papiers concernant cet achat sont en règle. La construction de la gare routière a été réalisée, par la suite, en partenariat avec la société de distribution pétrolière Jovenna. La gestion de cette gare devrait donc revenir de droit à la CUA, tout comme les nombreuses infrastructures publiques de la ville. L’ATT a envoyé une lettre signée par son Directeur général stipulant que, selon les instructions du Premier ministre, la CUA n’est que le gestionnaire temporaire de la gare routière et que, de ce fait, les responsables de la CUA devaient prendre les dispositions nécessaires pour effectuer la passation de service avec l’ATT. Si l’on suit la logique du ministère des Transports, la gestion des infrastructures de la Capitale devrait être aussi remise au pouvoir central par le biais des ministères concernés : le ministère de l'aménagement du territoire pour les marchés; le ministère des Transports pour les bus; le ministère des Sports pour les stades municipaux de Mahamasina et d'Alarobia ? Mais le plus sidérant dans cette affaire est le contenu de la lettre officielle formulée par la Kompima et adressée au Président de la république, avec copie conforme pour le Premier ministre. Une lettre indiquant  que « la CUA est au courant que les responsables de cette coopérative sont des hommes du parti au pouvoir Tim et que les responsables de la CUA auraient abusé de leur pouvoir sur ces amis du Président ». La lettre indique également que « les employés de la gare routière d’Ampasampito sont tous des membres du Tgv, parti fondé par le Maire de la Ville. Dès lors, pourquoi devrions-nous nous laisser faire, Monsieur le Président ? ».

Le Pasteur Richard Mahitsison Andriamanjato, second maire malagasy de la Capitale de Madagascar, élu, à 29 ans, après M.Stanislas Rakotonirina

Face à ces pratiques malveillantes du gouvernement, nombreux sont ceux qui se questionnent sur les véritables objectifs de cette ingérence dans les affaires de la CUA. Ainsi du Pasteur Richard Mahitsison Andriamanjato, ancien Maire de la ville d’Antananarivo de 1959 à 1975 :
« C’est à travers la vie de la Capitale que beaucoup de personnes jugent de la vie d’un pays. Il y a donc cette idée qu’il faut maîtriser la vie de la Capitale d’une certaine façon, en fonction du déroulement même de l’histoire de la Nation. Evidemment, il peut y avoir des différences politiques en ce qui concerne la gestion d’une ville ; en ce qui concerne la façon pour le gouvernement, en général, de voir les situations qu’il y a dans une Capitale. Il est donc utile et nécessaire d’avoir des accords entre les responsables de la gestion de la Capitale et les responsables de la gestion générale de la vie du pays, pour qu’il n’y ait pas d’accrocs, pour qu’il n’y ait pas de dispositions qui seraient néfastes pour la gestion de la Capitale parce que çà se traduirait par une mauvaise condition d’existence pour la population et çà se traduirait inévitablement par des jugements parfois trop faciles de la part des observateurs étrangers ou autres… Cela m’étonnerait que, depuis 1980, il y ait des remboursements qui n’étaient pas honorés. Je pense qu’il n’est pas du tout nécessaire de traîner des dettes de cette façon là, pendant vingt ans ou plus, et demander tout à coup le remboursement d’une telle somme. Cela me paraît être un phénomène de blocage de la situation qui n’est pas digne d’un gouvernement central ».

Rappelons que, le Pasteur Andrimanjato faisant partie de l'opposition à l'époque, avec son parti Akfm, le pouvoir Psd du président Philibert Tsiranana avait sorti l'ordonnance n°60.085 du 24 août 1960, à son encontre, qui stipulait  : « est désormais chargé de l'administration de la ville de Tananarive, un fonctionnaire désigné par le ministre de l'Intérieur et nommé Délégué général ». Le tout premier Délégué général qui a supplanté le Maire Richard Andriamanjato se nommait Clément Raveloson. Est-ce cela que l'on veut faire subir au Maire Andry Rajoelina, en ce début du Troisième millénaire ? A quoi, dès lors, sert une élection au vote au suffrage universel, donc démocratique, à Madagascar ?