« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour :
il ne manquerait pas de recueillir le mépris » (Cantiques des Cantiques : 8 : 7)
Mainmise du pouvoir central sur la Cua
Les partenaires et bailleurs de fonds internationaux ont le droit de savoir
sans commentaire
La situation vécue actuellement par le Maire Andry Rajoelina et son équipe, due à une mainmise forcenée de la part du pouvoir central qui a mal digéré sa défaite aux élections municipal de décembre 2007, est indigne d’un pays qui se prétend démocratique, républicain et respectant les droits universels de l’Homme. Les partenaires et bailleurs de fonds internationaux ont le droit de savoir, à travers un article paru dans le journal « La Vérité » du 10 septembre 2008, en page 2.
L'article paru dans le journal « La Vérité » du 10 septembre 2008, en page 2.
Régime et Cua
« TIMIsation » de la question
Pour mesurer la vraie côte de popularité auprès du public d’un protagoniste d’un match quelconque, rien n’est plus efficace que de se fondre parmi les spectateurs. C’est là en effet que les commentaires les plus spontanés -donc dépourvus de toute arrière-pensée- peuvent être recueillis, les supporters n’ayant aucunement l’intention de prendre la place de leurs sportifs préférés sur le terrain. Transposées au niveau de l’actuel bras de fer entre le régime en place et la Cua, cette méthode d’évaluation consiste à « tâter le pouls » de la population en la côtoyant, afin d’avoir une meilleure appréciation de ses sentiments vis-à-vis de la situation. L’efficacité de cette stratégie repose, évidemment, sur le professionnalisme des émissaires envoyés en observateurs qui, pour leur part, se doivent être des plus objectifs. Autrement dit, ceux-ci doivent rapporter leurs diagnostics, qu’ils soient positifs ou négatifs et « sans complaisance ». Autrement, les rapports transmis aux décideurs, surtout lorsqu’ils sont aux antipodes de la réalité, risquent de conduire à des résultats catastrophiques.
En ce qui concerne le face-à-face entre le pouvoir central et la Cua, si les partisans du premier se sont déjà livrés à l’exercice précité, et à moins évidemment qu’ils n’aient fait reuve de mauvaise foi manifeste, ils devraient normalement conclure à la chute libre de la côte de popularité du régime actuel auprès de la population de la Capitale. Car partout, aussi, bien dans les lieux publics (marchés, taxi-be, jardins publics, etc…) que dans les chaumières, ou encore dans les salons, on remarquera que l’indignation -et le mot est encore trop faible- va « crescendo », et au détriment du pouvoir, au fur et à mesure des épisodes de ce feuilleton qui commence décidément à devenir d’un très mauvais goût.
Mesure à contre-pied
Effectivement, comme par hasard ( ?), toutes les récentes décision du pouvoir central, concernant -d près ou de loin- la municipalité d’Antananarivo Renivohitra, prennent à contre-pied les initiatives de cette dernière. Aux yeux de la population, ceci s’apparente à une véritable «mauvaise foi » du régime en place, voire à de véritables manœuvres de harcèlement à l’encontre du jeune maire de la Capitale, Andry Rajoelina. De leur côté, les autorités adressent pourtant le même reproche de « mauvaise foi » à l’équipe de la Cua en accusant celle-ci de se réfugier derrière des obstacles imaginaires ( ?) pour justifier la non réalisation de ses promesses électorales. Manœuvre maladroite car, en ce faisant, les autorités en question ne font encore qu’attiser le mécontentement de la population de la Capitale, peu perméable à l’argument, il faut l’avouer, très peu convaincant.
Car il convient de souligner que certains faits « handicapants » pour l’actuelle équipe de la Cua, ne sont nullement apparus du temps des mandats des précédents magistrats de la ville des Mille. Pour ne nommer que les derniers, en l’occurrence, le maire Marc Ravalomanana et les « Pds » Patrick Ramiaramanana et Hery Rafalimanana. Il faut se demander alors pourquoi ils surgissent subitement à l’heure actuelle ? Citons, entre autres, les dettes auprès de la Jirama qui ont été subitement brandies pour justifier les menaces de coupures d’eau aux bornes fontaines de la municipalité peu après l’élection du nouvel édile. Ou encore la réclamation « en bloc », des dettes de la commune cumulées depuis 30 ans (y compris donc durant les mandats des « hommes forts » des régimes précités). Enfin, dernièrement, la brusque nécessité de dessaisissement des pouvoirs de la Cua en ce qui concerne la gare routière d’Ampasampito, ainsi que du service d’assainissement de la Capitale. In ne faut pas oublier, qu’en guise d’« entrée », il y avait le changement des règles de nomination des Chefs fokontany au surlendemain de la défaite du candidat d’Etat et du parti présidentiel Tim, Hery Rafalimanana. Et il se peut qu’on ne soit pas encore au courant de certaines autres « peaux de banane » glissées subrepticement à l’insu de tout le monde et dont on ne connaîtra l’existence qu’ultérieurement…
L’« arrosé arroseur »
Le chef de l’Etat lui-même est cependant en mauvaise posture car il se retrouve exposé aux critiques d’être « l’arrosé arroseur » (et non l’inverse). Victime, mais dans une moindre mesure, de tels agissements de la part du régime de l’amiral Ratsiraka, le cliché qu’il donne à l’heure actuelle est celui d’être, à son tour, le « bourreau » d’Andry Rajoelina, un self-made man encore vierge de toute corruption politique jusqu’à ce jour. En d’autres termes, ce dernier jouit encore de l’image de l’« homme nouveau » que l’actuel Président de la République avant incarné en 2002 mais qui incontestablement et sérieusement écorné à l’heure actuelle. « Marc Ravalomanana ne peut valablement pas reprocher l’attitude de ses opposants à son encontre, car il apparaît que lui-même agit exactement de la même manière vis-à-vis d’Andry Rajoelina », soutient un observateur indigné au plus haut point par les agissements de l’autorité centrale contre la Cua. Manœuvre que notre interlocuteur estime ni plus, ni moins être « au ras des pâquerettes » (« mirefarefa amin’ny tany »). A l’analyse, il apparaît que, aux yeux de la population de la ville des Mille, cette attitude « destructrice » du régime est encore plus blâmable par rapport à celle de l’opposition puisqu’elle émane des… tenants du pouvoir eux-mêmes, censés pourtant ne prendre en compte que l’intérêt général. D’autres citoyens n’hésitent pas à dire que le pouvoir actuel est en train de faire feu de tout bois (« mandrovi-tsihy ») en se livrant, à travers le Tim, à ce qu’ils qualifient d’actes indignes d’un Arema bis, mais en pire, et de loin.
Ca me va !
Le tout nouveau ministre de l'Eau, Jean Donné Rasolofoniaina à Sambava, (avec casque au premier plan), le 31 juillet 2008
« A la place d’Andry Rajoelina, face à la décision du gouvernement de lui retirer la responsabilité des ordures ménagères, j’aurai dit : « çà me va » (Samva, ndlr). Mais, dans ces conditions, il est bien entendu que l’Etat ne devrait pas rejeter la responsabilité sur la Commune si jamais des dysfonctionnements surgissent surgissent en la matière ! », nous martèle un autre interlocuteur. Beaucoup craignent en effet que, lorsque le problème du ramassage d’ordures de la Capitale apparaîtra dans toute son acuité -notamment à la prochaine saison des pluies- certains responsables du pouvoir central, d’une manière tout à fait éhontée, n’hésiteront pas à faire preuve d’amnésie (sur leurs actuelles prises de responsabilités) pourn intervenir sur les médias publics -leurs terrains réservés- pour mettre de nouveau sur la sellette… la Cua.
" TIMisation " de la question
3 juillet 2008, au ministère des Transports. ce jour-là, toutes les parties avaient entériné l'organisation de la CUA à la gare d'Ampasampito. Tous, sauf une coopérative, la Kompima. Et c'est sur une lettre de cette dernière adressée au Président de la république, que le Premier ministre a pris une décision qui a tout envenimé. L'affaire est en suspens mais il ne faut plus jurer de rien de la part du pouvoir central
Dans ce chassé-croisé pouvoir central-Cua, il est étonnant de voir que d’une des parties accuse l’autre de vouloir ramener des questions techniques sur le terrain politique. Pour notre part, et objectivement, on se pose la question de savoir qui, en premier lier, a « cherché la petite bête » ? Par exemple, sur le problème de la tentative de confiscation des recettes fiscales de la Cua, il est clair que la décision, sur le plan administratif, n’a pu être prise que par le pouvoir central. Pourtant, c’est le Tim (parti politique parmi tant d’autres), et de la manière la plus officielle, qui a réagi, en avant-première, sur les médias publics pour jouer l’avocat du régime au tout-devant de la scène. A chacun d’apprécier quelle pourrait être la relation de cause à effet…
Sur un tout autre plan, signalons le cas de la gestion de la gare d’Ampasampito (un sujet théoriquement, très très loin de la chose politique). A ce propos, les autorités n’ont pas contesté formellement qu’une missive mettant en avant, plus que tout autre, l’appartenance de ses auteurs au parti présidentiel fut à la source de l’actuelle polémique, après pourtant qu’un accord -purement technique celui-là- ait été conclu entre le ministère concerné et la municipalité d’Antananarivo Renivohitra.
Dans tous ces cas, il convient de s’interroger, qui des deux parties a, en premier, politisé ces questions ? D’autres amalgames entre affaires d’Etat et affaires de partis (d’un parti en particulier pour être plus précis) peuvent être cités à souhait mais les énumérer ici serait tout simplement fastidieux. Hery Mampionona
face à cette situation incrotable mais, hélas, vraie, le Maire Andry Rajoelina a réagi, comme tout être normal et sain de corps et d'esprit, face à une situation dictatoriale qui n'existe plus que sur le continent africain