« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour : il ne manquerait pas de recueillir le mépris »
(Cantiques des Cantiques : 8 : 7)

Mme Gisèle Rabesahala est née le 7 mai 1929 à Antananarivo. Secrétaire générale du parti l’AKFM-KDRSM fondé au départ par le Pasteur Richard Andriamanjato, elle est, à la fois  journaliste (fondatrice du journal Imongo Vaovao),  membre fondatrice du Comité de Solidarité de Madagascar. Mme Gisèle Rabesahala a été Ministre des Arts et de la Culture révolutionnaires de 1976 à 1991. Enfin, elle est Présidente du Conseil d’administration du CSS Avaradoha. En 2006, elle a fait paraître un ouvrage intitulé : « Que vienne la liberté ». Voici de très larges extraits traduits de son intervention en malagasy, dans l’émission « Sehatra » du dimanche 21 septembre 2008, sur Viva Télévision, animée par le journaliste Jean Paul Randrianiaina.

Mme Gisèle Rabesahala

 " Cela fait depuis longtemps que les « Zokiolona » (Sages) existent. Ils ne forment ni une association ni un parti politique mais il s’agit d’une entité informelle qui fait entendre sa voix et propose des suggestions lorsque la situation sociale, politique et économique du pays l’impose. A propos du bras de fer entre le pouvoir central et la Mairie d’Antananarivo, nous avons été 18 à nous être réunis pour trouver une solution, dont : l’ancien Premier ministre et ancien Maire de la Captitale, Guy Willy Razanamasy ; l’ancien Président de la République, le Pr Zafy Albert ; l’ancien rexteur de l’université d’Antananarivo, le Pr Ralaisoa ; Mme Madeleine Ramaholimohaso du KMF-CNOE ; le Père Rémi Ralibera ; l’ancien ministre de la Défense , le Général Désiré Ramakavelo et moi-même.  Parfois, nous nous rencontrons pour échanger nos vues, en tant qu’observateurs de la vie de la Nation.
Mais pour cette fois-ci, nous avons été unanimes qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la ville d’Antananarivo. Un malaise grandissant. D’où notre idée de réunir tous les citoyens résidant dans la Capitale et qui ont eu de hautes fonctions, de hautes responsabilités au sein de la Nation : anciens maires, élus, députés, conseillers municipaux… Nous étions donc 18 à avoir signé une déclaration conjointe à propos de ce bras de fer entre le pouvoir central et la Mairie d’Antananarivo, face à la situation qui prévaut actuellement dans la ville d’Antananarivo, qui entraîne un malaise spirituel (« savorivorin-tsaina ») au sein des citoyens qui ont voté lors des élections communale et municipale du 12 décembre 2007. Il s’agit de trouver des solutions, dans le respect de la non violence. Je précise que cela ne concerne que la ville d’Antananarivo. Et nous pensons qu’elle n’est pas tombée sous les yeux d’un aveugle et qu’il y a eu des échos. Depuis le début, nous étions attentifs, grâce aux points de presse organisés par la Commune urbaine. A propos du Samva, de la gare routière d’Ampasampito, des Chefs Fokontany, des dettes énormes dont a hérité l’actuelle mairie. Tout cela a confirmé nos doutes, ajouté à la crise sociale qui existe réellement à l’heure actuelle. Nous avons tous entendu les explications du Maire Andry Rajoelina : en une quinzaine de jours, 6.000 travailleurs ont perdu leur emploi dans des zones franches qui ont mis la clé sous le paillasson et ce n’est pas près d’être terminé… Voilà un grave problème d’ordre social. Ajouté à tout cela donc, le comportement du pouvoir central vis-à-vis de la Mairie est inadmissible ! D’où notre décision de tirer la sonnette d’alarme.
A propos de la situation dans le pays, en général, je la comparerai à la météorologie… Je ne dirais pas que c’est déjà le chaos, non, mais il y a un malaise social certain. Cela est dû, en grande partie, aux rumeurs et aux contradictions des gens du pouvoir, entre leurs dires et leur manière de faire. Si je ne prends que l’exemple à propos de la Mairie. Jeudi dernier, nous avons tous entendu et lu que les problèmes avaient été résolus : le Samva et la gare routière d’Ampasampito est revenu sous la gestion de la CUA. Le même jour, voilà qu’éclate l’affaire du carburant ! D’un côté, la CUA assure qu’elle s’est acquittée  de toutes ses ardoises ; nous, nous avons entendu qu’un ordre venu d’en haut a interdit l’octroi de carburant aux camions bennes de la CUA ; dans les journaux, nous avons lu que tous les responsables ministériels et entités directement concernés, comme l’Office malgache des Hydrocarbures ou OMH,  se jettent la balle et aucun se sent responsable. Ce qui fait monter d’un cran le malaise et la rumeur aura encore de beaux jours devant elle. Il n’existe aucune transparence mais nous savons pertinemment que c’est encore un coup bas porté à la CUA. Cependant, les gens se posent des tas de questions qui ne trouvent aucune réponse cohérente, dans la logique du développement tant prôné par tous. Et quand toutes les questions non élucidées mais éludées apportent de l’eau dans le moulin de la rumeur (« Tsao ») et de la provocation tous azimuts. A la longue, ce malaise risque de mettre la Nation toute entière en péril. Mais comment voulez-vous aussi qu’il y ait de la transparence lorsque les journalistes sont bâillonnés, que la majorité des gens ne peuvent plus choisir ni débattre sur des idées divergentes parce que les opposants sont interdits d’antenne sur les médias publics, que les responsables de médias privés sont menacés de fermeture? Je prends le cas d’une radio à Manakara, dont je tairai le nom ici : son responsable avait été convoqué au-devant les autorités locales car il avait permis qu’un auditeur dise : « éradiquez la dictature » (« Fongory ny jadona »). Il ne fallait pas prononcer ce mot « Fongory ». Actuellement, il faudrait donc dire « Tohizo ny jadona » (continuez la dictature) ? Je pose et me pose la question… Même chose pour les politiciens. Parce qu’ils sont opposants, ils sont même interdits de réunion en public. Or, qu’ils n’entendent pas préparer une insurrection ni demander au peuple de descendre de dans la rue mais qu’ils veulent tout simplement donner leur vision de ce qui prévaut actuellement et expliquer pourquoi et que faire ? Lorsque le Préfet de police argue que ce n’est pas le moment, actuellement, de faire des réunions en publique, cela traduit clairement que l’instabilité prévaut au pays ! Et ce n’est pas terminé. Entre-temps, depuis notre déclaration conjointe, il y a eu cette histoire du baccalauréat avec liste additive, l’affaire du non approvisionnement en carburant des camions bennes de la CUA, cette histoire de remblayage du côté de la route-digue à Andohatapenaka I et II qui a amené à l’expropriation de centaines de cultivateurs… Qu’adviendra-t-il de demain et où va ce pays ?
Pour en revenir à cette histoire de bac avec une liste additive de 1.901 nouveaux bacheliers, c’est de l’inédit dans l’histoire de l’enseignement à Madagascar ! Auparavant, il s’agissait de première et deuxième session, cette dernière ayant servi de repêchage, ce qui n’est pas la même chose. Mais là, c’est un mystère très épais qui enveloppe cette histoire de liste additive. On parle de notes oubliées qu’il fallait rectifier, informatiser avec un tout nouveau logiciel. A mon sens, la base de la crédibilité d’un examen repose essentiellement sur la confidentialité. Dans ce cas précis, elle a cessé d’exister ! La décision ayant été prise en conseil de gouvernement à Mahazoarivo, plus personne ne sait qui a  vu et fait quoi ? Qui a corrigé quelles copies ? Je tiens à rappeler que le baccalauréat n’est pas, sans ironie aucune, un diplôme honoris causa -décerné à titre uniquement honorifique à des dirigeants, des artistes, des chercheurs…-, mais un diplôme qui marque et sanctionne les années d’efforts des élèves, de leurs professeurs et de leurs parents.  Un diplôme qui constitue le portail de leur avenir : soit il leur permettra d’entrer sur le marché du travail, soit il pourra être la clé vers des études supérieures ou une demande de bourse d’études. A présent, plus personne ne va donner un crédit de poids à ce baccalauréat 2008 additif, sorti uniquement dans la ville d’Antananarivo, il faut le préciser. Même les futurs employeurs auront des doutes. Cela m’amène à me demander : que cherche-t-on exactement à faire à la Ville-des-Mille ? Y-a-t-il vraiment uniquement une coïncidence fortuite avec les misères de la CUA ? Cela se passerait ailleurs, peut-être que le ministre aurait déposé sa démission, je ne sais pas. Je n’habite pas ailleurs et je suis Malagasy…

DE LA POLITIQUE
Cette notion est irritable et irritante à Madagascar.  J’ai entendu, lors d’un forum d’échanges d’idées, un membre d’un parti politique qui a osé dire que la politique de retourne-veste qui prévaut dans le pays fait que les jeunes sont complètement écœurés par la politique. Ecoutez, je ne suis pas une moralisatrice mais permettez-moi de rappeler, ici, que la politique, à ses débuts, c’était -dans le domaine de la société donc du social-, la manière de gérer une cité et, par extension, un pays. En fait, tout ce que nous faisons, dans quel domaine que ce soit, est politique. Il ne faut donc pas en avoir peur mais bien au contraire s’y impliquer ! Les partis politiques sont utiles et nécessaires parce qu’ils représentent les idées d’une frange de la population dans le domaine de la politique, justement. Cependant, depuis 2002, c’est le plus haut dirigeant de l’Etat qui a dénigré cette notion de politique, il faut s’en souvenir. Il avait déclaré, avec une arrogance certaine, qu’il n’a pas été choisi par un parti politique, qu’il était opérateur économique et qu’il n’était pas tributaire de la politique. Je me rappelle, il avait fait une déclaration, à Antsirabe si mes souvenirs sont bons, comme quoi « il ne fallait pas faire entrer les politiciens dans la maison » (« Aza ampidirina an-trano mihitsy ireo mpanao politika ! »). Ce n’est pas convenable car c’est une fierté du peuple d’une nation que d’avoir des partis politiques, qu’ils soient nombreux ou non. Toutefois, il faut aussi considérer certains partis girouettes qui changent constamment de couleur : noir aujourd’hui, demain blanc. Un réflexe de caméléon, en somme. En Afrique, on pourrait les considérer comme des transhumants, des politiciens nomades. Je tiens à vous signaler qu’en Afrique du Sud, de nos jours, l’Etat a sorti la loi suivante : une personnalité élue sous l’étiquette d’un parti précis ne devra pas changer de parti durant toute la durée de son mandat. Par exemple, si moi je suis élue sous l’étiquette de mon parti Akfm, je ne pourrais pas aller faire de la transhumance vers un autre parti. Malheureusement, à Madagascar, cette transhumance est un sport national, avec ces histoires de partis « indépendants », pour ne pas parler de ces Psd devenus Arema, devenus Mfm devenus Tim…
Pour en revenir à cette notion de liberté, la liberté d’expression n’existe pas tant que les gens auront peur de s’exprimer. Combien de fois ne voyons-nous pas des témoins à la télévision dont il faut cacher le visage… Ils ont peur de la prison (« Trano maizina », littéralement maison plongée dans le noir absolu). Si on fait entrer des gens dans cette « Trano maizina » c’est parce qu’ils ont commis des délits et/ou des crimes et qu’il faut les empêcher de circuler au sein de la société, de crainte qu’ils ne contaminent les autres. Les récentes élections ont démontré que la majorité des gens ont préféré s’abstenir. Ce qui fait que ceux qui ont été élu, dans la majorité, ne l’ont été que dans un ordre de 40% du nombre d’électeurs réel en âge de voter. Ils ont fait ce choix parce qu’il considère qu’on ne les écoute jamais ; la presse est muselée ; les partis d’opposition sont interdits des médias publics (radios, télévisions) alors que c’est l’argent des contribuables, sans exception, qui les font vivre ! Ce qui fait qu’actuellement, la majorité des partis politiques se trouvent dans une immense prison sans murs ! On les empêche de s’exprimer, de communiquer avec la population. Il serait faux, certes, de dire que la démocratie n’existe vraiment pas à Madagascar, mais je dirai qu’il y a un déséquilibre certain, une méthode de deux poids, deux mesures qui l’a fait reculer au fil du temps.
Les institutions doivent être garantes de cette démocratie vraie. Alors que doit-on penser des nombreuses plaintes reçues à propos des élections communale et municipale de décembre 2007 ? Du brusque changement des données chiffrées, de l’implication directe des gens du pouvoir dans le processus électoral ? Il y a eu 223 plaintes connues, à part les plaintes qui ont été purement et simplement rejetées par la Chambre administrative. Il y a quelque chose qui cloche… D’où immense abstention traduisant une illégitimité des élus si l’on se réfère aux dires des experts qui affirment qu’un vote n’est pas légitime dès lors que le taux de participation n’atteint pas les 50% au moins des voix exprimées.

REMBLAYAGE A ANDOHATAPENAKA I et II
Qui a besoin de ces terrains et pourquoi y faire d’abord ? La rumeur parle d’’y implanter une usine de fabrication de bière ; d’une usine de transformation de viande à exporter, je ne sais pas. Qui est le propriétaire ? Personne ne sait plus rien. Or, ce terrain fait partie intégrante de ce que l’on appelle la plaine d’Antananarivo censée produire du riz. Des chaînes de télévision ont rapporté des témoignages sur des gens qui ont perdu à la fois leur rizière, source d’argent, et leur habitation. Selon ces témoins, il y a eu contrainte de vendre pour pratiquement rien, après les travaux de remblayage. Le comble, c’est que cela se passe dans la Capitale de Madagascar ! Selon les dires du Maire de la ville, seule une petite partie a fait l’objet d’une demande de remblayage. D’un côté, l’Apipa (agence d’aménagement de la plaine d’Antananarivo) a osé dire qu’elle peut se passer de la CUA pour octroyer une autorisation. Or, selon la loi en vigueur, l’Apipa donne son avis et il revient à la CUA de donner ou non l’autorisation. Il n’y a aucune coïncidence avec tous les problèmes que vit la ville d’Antananarivo. Les gens se perdent en conjonctures : que cherche-t-on à faire, que veut-on faire de leur ville ?  Un manque de transparence totale. Je ne sais pas si vous vous rappelez de certaines menaces, après les élections du 12 décembre 2007 : « Puisque vous avez fait un choix autre (Ndlr : que le candidat du Tim), nous allons vous réduire en sel fin (« ataonay potipotika ohatrany sira »). Il y en a même un, interviewé à la télévision, qui a prévu -je ne rappelle plus son nom que- : « Laissez-les faire mais qu’ils supportent le contre-coup » ("Aleho anao fa mahatatesa"). Il s’agissait certainement d’un individu proche du pouvoir, mais qu’est-ce donc que cette mentalité ? Où se situe la notion d’alternance ? Où se trouve le respect du choix des électeurs ? Alors, ce qui se passe actuellement à Antananarivo, ce doit être ce fameux contre-coup ? On cherche d’abord à déstabiliser le Maire pour qu’il présente sa démission, la rumeur en a déjà parlé. En fait, ce n’est pas tant le maire en personne que certains haïssent mais c’est l’idée même d’avoir perdu la ville d’Antananarivo. Et cela a commencé par la nomination subite des Chefs Fokontany (qui légalement doivent être élus sur proposition du nouveau Maire), jusqu’à cette récente histoire de non octroi de carburant aux camions bennes ramassant les ordures ménagères de la Capitale. Pour dire : « Cela vous apprendra à voter pour lui qui n’a plus aucun pouvoir ! ». On cherche à entretenir l’image d’un maire menteur. Que la transparence soit : qui n’a pas payé ses dettes ? Qui n’a pas respecté les contrats ? La CUA ou le distributeur carburants (Ndlr : Galana en l’occurrence). Est-ce que, vraiment, le siège social à l’extérieur de Galana est au courant de cet état de non respect de contrat, ce refus de ne pas vendre de carburant à une entité comme la CUA ? Il importe donc de faire une communication exacte vers l’extérieur sur ce que la CUA subit sans répit ni temps mort. Vis-à-vis de la population, l’équipe de la CUA a entamé une série de révélations qu’il est impératif de poursuivre.

LES EFFORTS DE LA CUA
Ecoutez, il n’a été élu que depuis le mois de décembre 2007. En huit mois seulement, il a assaini la ville de ses détritus, réalisé de nouvelles infrastructures. Il y a des transformations indéniables, constatables de visu. Vous croyez que c’est facile avec tous ces coups bas ? Mais il a commencé et je peux affirmer que le Maire Andry Rajoelina possède la volonté et qu’il a entrepris des efforts méritoires. C’est ce qui importe. En plus, il est jeune, ce qui donne une belle image, un excellent exemple à suivre pour tous les autres jeunes de la Capitale. Aussi, je pense que l’on doit le laisser travailler et on verra. Pourquoi vouloir le déséquilibrer en ce tout début de son mandat ? Je rappelle enfin qu’il a été élu par la population. L’empêcher de faire son travail, c’est jeter aux orties le choix même des 63,27% des électeurs qui l’ont élu à Antananarivo ".

La couverture de l'ouvrage de Mme Gisèle Rabesahala

DE LA MALGACHISATION DE L’ENSEIGNEMENT
Personne n’est contre l’utilisation de la langue maternelle comme langue d’enseignement. Mais, tout le monde a remarqué, des évêques aux associations des enseignants, en passant par les parents d’élèves et certains observateurs, qu’il aurait du y avoir, au préalable, une sorte de conférence ou de séminaire nationale à ce sujet incluant les personnes que je viens de citer et surtout l’Académie Malagasy ! Parce que la langue malagasy est une langue vivante qui change au fil du temps. Il y a aussi les dialectes régionaux, les langues vernaculaires à prendre en compte. Qu’est-ce que la langue malagasy, que je ne considère pas comme officiel mais académique ? Chacun parle comme il l’entend et il est des cas qui prêtent vraiment à rire ! Par exemple, « demokrasia » est un mot étranger pourtant on l’utilise. Le « frangasy » (mélange de mots français et malagasy) est beaucoup utilisé… Par ailleurs, le parler et la prononciation ne sont pas les mêmes dans les grandes villes et les zones rurales : certains disent « tantezana » alors que le terme exact est « tetehezana » pour dire un mont. Un autre exemple criant de… risibilité : l’autre jour, en voulant expliquer et convaincre du bien-fondé de cette malgachisation de l’enseignement, un responsable a déclaré, texto : « Azavaina amin’ny teny gasy aloha, amin’izay mora mi-comprendre » ! signifiant « Expliquer d’abord en langue malagasy pour une meilleure compréhension » (Mme Gisèle Rabesahala a éclaté de rire en révélant ce constat véridique facilement vérifiable). Cela pour démontrer que ce ne sera pas chose aisée. Par conséquent, il faut que toutes les entités impliquées, à tous les niveaux, travaillent d’arrache-pied et à l’unisson pour que cette malgachisation de l’enseignement soit vraiment un outil de développement. Malheureusement, ce n’est pas le cas, actuellement.
A quoi aspire réellement le peuple Malagasy ? La conférence de l’Unité africaine ? Je ne sais pas… Allez écouter les gens, le pays réel, hors des chiffres des rapports trop beaux pour être vrais (le pays virtuel) : il veut un meilleur salaire pour faire vivre la famille ; une meilleure vie au quotidien ; que le prix du riz soit plus accessible. Que tous les responsables présents (à l’intérieur ou hors du pouvoir) trouvent des solutions pour que les gens aient un meilleur mieux-être, un meilleur mieux-vivre. Voilà les vraies priorités. Nous sommes loin de cela, étant donné que, déjà, nous faisons partie des pays les plus pauvres de la planète. 70% de la population malagasy vivent avec moins de 2 dollars par jour. Faites le compte, c’est épouvantable ! Alors, au lieu de perdre son temps à trouver la meilleure stratégie pour déstabiliser le Maire de la ville d’Antananarivo, trouvons des solutions aux vrais problèmes qui existent. A propos de projets Ilménite à Fort-Dauphin et du cobalt de Moramanga, sur la scène internationale plusieurs entités affirment qu’il s’agit d’un pillage pur et simple du pays. Ils vont amasser plusieurs milliards de dollars durant 30 ans alors que Madagascar ne récoltera que quelques millions de dollars. Tout cela mérite profonde réflexion, à propos des contrats passés. Un mot sur le code électoral, sujet de discorde en 2002. Tout le monde, depuis l’actuel Président de la République, est d’accord pour qu’il soit révisé. Alors qu’attend-on ? L’année 2012 ? C’est ici et maintenant qu’il faut le faire. Il y a encore trois maires à élire (Fort-Dauphin, Sainte-Marie et Nosy Be), tous les Chefs de région, selon  la Constitution. Le Président dit qu’il faut patienter. Mais pour combien de temps encore ? Les pauvres auront de la patience jusqu’à quand ? Jusqu’à l’au-delà ? Non, vraiment, la situation actuelle est inconvenante.

Recueillis et traduits par :
Jeannot Ramambazafy
Journaliste indépendant