« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour : il ne manquerait pas de recueillir le mépris »
(Cantiques des Cantiques : 8 : 7)
Circoncision collective à Antananarivo
C’est plutôt à Mananjary (côte Est de Madagascar), chez le peuple Antambahoaka que l’on pratique, tous les sept ans, la circoncision groupée dénommée « Sambatra ». Néanmoins, comme promis et vu la conjoncture socio-économique actuelle, et parce que la période hivernale est propice à cette circoncision -faisant partie des us et coutumes malgaches aux quatre coins de la Grande île- la Mairie de la Ville d’Antananarivo, dirigée par son Premier Magistrat, M. Andry Rajoelina, a décidé de procéder à une circoncision collective pour des familles démunies de la Capitale de Madagascar.ré le temps propice aux grandes vacances, la Mairie d’Antananarivo ne chôme pas. Ainsi a été organisée, durant deux jours, une table ronde au sujet de la création d’une ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager). D’où la venue de M. Thierry Huau dépêché par la Région Île-de-France qui appuie financièrement ce projet. M. Thierry Huau est né en 1958. Il est à la fois : architecte, paysagiste, urbaniste, botaniste, et entomologue , et dirige un sein le bureau d'étude  « Interscène », à Giverny, Paris et Bordeaux. M. Thierry Huau a, à son actif, la conception et la réalisation de très nombreux projets nationaux et internationaux, de Paris à Auckland, de Hanoï à Antananarivo.

Mercredi 23 juillet 2008 : l’endroit choisi a été le Centre de Santé Maternelle et Infantile du quartier de Namontana, dans le quatrième arrondissement. La Commune Urbaine d’Antananarivo a tout pris en charge, du coût de l’opération proprement dite aux jouets pour les enfants circoncis. Reportage photographique avec l’histoire de la circoncision.
La circoncision est une excision totale ou partielle du prépuce. La circoncision masculine est une pratique très ancienne dont l’origine exacte reste encore inconnue. Ce rite se retrouve chez certaines tribus africaines, amérindiennes, australiennes et bien sûres, chez les Malgaches. Elle est également pratiquée par les juifs, les musulmans et les chrétiens. Au départ, chez les chrétiens, la circoncision ne posait pas de problème car Jésus lui-même s’est fait circoncire.
Par contre, plus tard, lorsque le christianisme s’étendit dans les villes romaines et grecques, la purification par le sang (circoncision) est remplacée par la purification par l’eau (baptême).
Chez les musulmans, son statut n’est pas clair, mais il est rapporté que le prophète Mohamed s’adressa à quelqu’un qui venait de se convertir à l’Islam et lui dit : « Retire les cheveux de la non croyance (rase-toi la tête) et circoncis-toi ». Cette excision peut être interprétée sous plusieurs formes selon la croyance et l’endroit dans lequel elle se pratique.

La circoncision chez les Malgaches

Chez les Malgaches, son origine n’est pas précise, mais on sait que la circoncision marque le passage de l'état d’enfant à celui d’homme.

En effet, à Madagascar, la circoncision prouve la « masculinité » et la virilité d’un garçon.
La circoncision connue sous le nom de « fandidiam-poitra » ou «faninkin-jaza » est un grand jour pour les Malgaches, et c’est la raison pour laquelle ces termes furent, plus tard, remplacés par le mot « hasoavana » qui signifie grande joie, bonheur. Du temps de la royauté, la circoncision d’un enfant se fêtait durant plusieurs jours selon la richesse des parents et leur place dans la société.

L’ablation du prépuce (circoncision) était effectuée par un initié, souvent un homme expérimenté et donc âgé (« rain-jaza »). Avant la cérémonie, les hommes de la famille doivent puiser de l’eau de source dans une bouteille et la porter sur la tête très tôt dans la matinée pour qu’elle soit vraiment pure.

Les Malgaches disent « tsy dikaim-borona » c’est-à-dire que l’eau de source n’aura pas encore été survolée par les oiseaux, d’où sa propreté. Il faut rappeler qu’à cette époque, il n’y avait pas encore d’alcool ni de mercurochrome pour désinfecter la plaie. Cette eau servait alors de désinfectant jusqu’à guérison de la plaie.
 
La canne à sucre, symbole de douceur de vivre qui signifierait une atténuation de la douleur est un élément important pendant le rituel. Hormis l’eau et la canne à sucre, les bananiers ont également leur place durant la cérémonie traditionnelle.

Les femmes qui veulent avoir un garçon se les arrachent à la fin du rituel et les rangent tranquillement chez elles jusqu’à ce qu’elles soient enceintes et accouchent d’un garçon.
Notons que la circoncision est pratiquée pendant la période hivernale car la plaie se referme plus rapidement quand il fait froid.

Pas de "didim-poitra" sans musique traditionnelle jouée, ce jour-là, par des enfants vêtus des couleurs de la Nation malgache : blanc, vert et rouge
Après ce petit moment de souffrance incontournable, pour prouver qu'on est devenu un homme, c'est l'heure de la distribution des beaux jouets. Ici, le Maire Andry Rajoelina et son Adjointe, Mme Michèle Ratsivalaka procède à cette étape très attendue par les nouveaux circoncis. Le Maire Andry Rajoelina entend circonscrire près de 400 enfants de la Capitale dans cette opération "Didim-poatra faobe"


Jusqu’à sa guérison, l’enfant portera un vêtement spécifique, une sorte de chemise grand-père qui ne risquera pas de frôler la verge, et connue sous le nom de « malabary » chez les Malgaches.
Il faut préciser que, depuis quelques années, les Malgaches commencent à adopter d’autres méthodes plus modernes pour circoncire leurs enfants. Néanmoins, la tradition sera toujours respectée et les enfants adressent à grand merci à Monsieur le Maire et toutes les équipes de la Commune Urbaine d'Antananarivo pour leur initiative !