Main mise sur le SAMVA : Une stratégie impitoyable pour la ville d'Antananarivo
Décidément, le pouvoir central ne recule devant rien pour empêcher le Maire élu Andry Rajoelina et son équipe de développer sereinement la ville d’Antananarivo. Dernier méfait en date, la mainmise sur le SAMVA (Service autonome de maintenance de la ville d’Antananarivo). En fait, cela avait déjà été annoncé par son directeur…
Cette caricature d'Elisé Ranarivelo, montrant le Pm détroussant le Maire de la ville d'Antananarivo de tous ses "attributs" (, sauf l'écharpe officielle, peut prêter à rire aux éclats si ce n'est que la situation devient de plus en plus dramatique pour le Maire Andry Rajoelina, son équipe et, par synergie toute la population de la Capitale de Madagascar
La loi n°95-035 du 30 octobre 1995 régit l’organisation de l’assainissement urbain, des redevances sur les eaux usées et les ordures ménagères au niveau du Service autonome de maintenance de la ville d’Antananarivo ou SAMVA. Selon la loi n°94-007, la CUA est habilitée à gérer les prestations du SAMVA afin de mener à bien les travaux d’assainissement de la Capitale, cette dernière étant une collectivité territoriale décentralisée. D’après la loi n°93-173 du 6 mars 1996, une nouvelle organisation a été mise en place. Notamment à propos du mode de fonctionnement du SAMVA, pour le compte de la CUA. Cependant, un décret sorti le 23 juin 2008, soit une semaine après le dernier conseil d’administration, stipule que le Maire actuel n’est plus le président du Conseil d’administration du SAMVA et qu’il ne pourra plus procéder par voie d’appel d’offres du directeur ainsi que de l’agent comptable de cette entité. Ces derniers seront nommés par décret ministériel. Or, depuis la prise de fonction du Maire Andry Rajoelina (le 20 décembre 2007), les responsables au sein du SAMVA ont trainé des pieds pour la présentation de leur bilan et de leur rapport d’activité. Ils ne l’on effectué qu’au mois de mai 2008, avec un déficit de trésorerie de l’ordre de 1.422.000.000 d’ariary pour l’année 2007. Il s’agit d’un déficit incompréhensible pour les nouveaux responsables de la CUA car, en 2005 et 2006, le SAMVA a connu un excédent de trésorerie. Les responsables du SAMVA n’ont jamais répondu aux appels à réunion lancés par la CUA. Les explications qu’ils ont fournies pour justifier ce déficit n’ont pas satisfait les actuels responsables. Ils auraient même déjà déclaré que le SAMVA serait bientôt retiré des mains de la CUA. Actuellement, en effet, le SAMVA est en passe d’être géré par le tout nouveau ministère de l’Eau qui, dès lors, procèdera à des nominations. A ce rythme, toute la population de la Capitale se demande déjà quelle sera la prochaine décision que l’Etat va prendre pour rendre la vie difficile aux responsables de la CUA dirigée par le Maire Andry Rajoelina. Il est indéniable, à travers ce dernier méfait, que le pouvoir tend de plus en plus à s’immiscer dans les affaires de gestion interne de la CUA prise en tant que collectivité décentralisée. ET plus rien ne peut empêcher les gens de penser que tout cela se terminera par l’enlèvement de tout pouvoir aux mains du Maire actuel.
Mme Yannick Rabemanantsoa, Directeur de Cabinet du Maire Andry Rajoelina
Les révélations de Mme Yannick Rabemanantsoa, Directeur de Cabinet du Maire Andry Rajoelina :
« Lorsque le Maire Andry Rajoelina a pris ses fonctions, la ville d’Antananarivo était littéralement envahie par des ordures de toutes les sortes. Souvenons-nous des grincements de dents de toute la population à propos de ces ordures non ramassées dans la quasi-totalité de six arrondissements de la Capitale. Dès lors, la nouvelle équipe s’est mise à pied d’œuvre pour dégager la ville de ces immondices non ramassées. Parallèlement des appels à réunion avaient été lancés aux responsables de la SAMVA pour leur demander leur position exacte, face à cette accumulation d’ordures. En vain. Si les responsables de la SAMVA devaient présenter leur bilan devant le Conseil d’administration au mois d’octobre ou de novembre 2007, ils ne l’ont fait que vers la fin du mois de mai 2008. Il est clair que présenter un bilan et un budget entraîne toute une série de questionnements d’ordre technique. Au cours de cette séance, il s’est dégagé que la SAMVA avait un déficit de trésorerie de 1.422.079.512 ariary pour l’année 2007. Si nous étions dans le secteur privé, cela se traduirait par un dépôt de bilan, une déclaration de faillite. Mais, le SAMVA est un EPIC (établissement public d’intérêt commercial).
Voilà qui est bien étrange si l’on sait que, pour les années 2005 et 2006, le SAMVA avait un excédent de trésorerie. Dès lors, pourquoi ce déficit ? En faisant un cumul, nous arrivons à la somme colossale de plus de 1.807.000.000 ariary. Les explications des responsables n’ont pas du tout été convaincantes. Responsables qui, dès ce mois de mai 2008, avaient déclaré de façon « énergique » voire insultante et sûrs de leur fait : « De toute façon, M. le Maire, ce ne sera plus vous qui allez gérer le SAMVA ». On avait frôlé ici, l’outrage à magistrat à l’encontre du maire Andry Rajoelina. Cela signifie qu’ils étaient déjà au courant que la gestion du SAMVA ne serait plus du ressort du Maire actuel. Or, la discussion, en cette fin mai 2008, n’avait porté que sur la présentation du bilan et le projet du budget. Et, en effet, voici qu’à présent, on annonce que : « le président du Conseil d’administration de la SAMVA (place revenant de plein droit au Maire), est nommé par arrêté du ministre en charge ». Ce fut le ministre de l’Aménagement du Territoire et maintenant, c’est le ministre de l’Eau qui est en charge. Un décret à ce sujet est déjà sorti.
Le Service autonome de maintenance de la ville d’Antananarivo, comme son nom l’indique, concerne la ville d’Antananarivo. Ne serait-ce pas le Maire qui doit s’en occuper en premier ? Encore plus étrange, dans cette décision inique, le Maire n’est plus président d’office du Conseil d’administration du SAMVA, il ne désigne plus les cadres sur ses propositions, mais c’est lui et son équipe qui supportent les 60% du déficit, si déficit il y a. C’est-à-dire qu’il y a un déséquilibre indéniable au niveau des nouveaux textes sortis par le pouvoir central. Il en est de même au sujet de l’agent comptable. Ici, c’est tout simplement sidérant ! Selon l’ancien décret, il est nommé par le ministre chargé des Finances et du Budget sur proposition du directeur approuvée par le Conseil d’administration, à la suite d’un appel d’offres d’emploi. Actuellement, il y a un impair : selon un arrêté encore en cours de formalisation, le directeur du ministère avait déjà pris l’initiative de limoger et de remplacer l’agent comptable bien avant la sortie du décret du 23 juin 2008 à ce sujet. Cela, sans aucune consultation des parties directement concernées. Enfin, un récent Conseil de gouvernement a entériné la décision de mettre le SAMVA sous tutelle du nouveau ministère de l‘Eau. En résumé trois décisions, coup sur coup ont été prises officiellement par le pouvoir central au sujet du SAMVA : le Maire n’est plus le Président d’office du CA ; le directeur est nommé par décret ministériel ; l’agent comptable est nommé par arrêté ministériel. Or, dans la pratique de gestion, rien n’a changé. Nous attendons donc la nouvelle organisation du ministère de l’Eau et une mise en éclaircissement technique de la gestion du SAMVA. Cela doit impliquer concertations et échanges de vue purement techniques. Il faut dépasser le niveau à connotation d’ordre politicien. Il faut élever le débat au sujet du SAMVA vers plus de transparence possible ».