« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour : il ne manquerait pas de recueillir le mépris »
(Cantiques des Cantiques : 8 : 7)
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Places de la démocratie et ouverture d’Andralanitra

Conformément de la volonté du Maire Andry Rajoelina d’instaurer une Place de la Démocratie dans la ville d’Antananarivo, à l’instar de toutes les capitales du monde (à Paris, par exemple, la place du Trocadéro sert de Place de la Démocratie), les Conseillers municipaux se sont réunis le 24 décembre 2008 pour se pencher sur la question. Après des heures de débats, 17 Conseillers sur les 27 présents ont porté leur choix non pas sur un lieu mais sur deux : le jardin d’Ambohijatovo (ci-dessus à la nuit tombée) et la Tranompokolona (littéralement maison du peuple) sise à Isotry. Ambohijatovo signifie colline des jeunes et, dans des temps pas si lointain, c’est ici que se réunissaient la jeunesse antananarivienne avant d’aller en classe. Depuis, le jardin a été clôturé et il sert à l’organisation de toutes sortes d’évènements culturels et sociaux. La Tranompokolona située dans le quartier populaire d’Isotry est une salle de théâtre. Il en existe deux à Antananarivo, l’un étant située au beau milieu des pavillons du marché d’Analakely.

Ci-contre, le pianiste antillais Mario Canonge à la Tranompokonolona Isotry (Madajazzcar du 14 octobre 2008) 

Le choix a été décidé car ces lieux se trouvent en plein cœur de la ville. En fait, la Tranompokonolona d’Isotry sera utilisée lorsque le temps sera très mauvais ou pluvieux.

 

 

 

Pour Elia Ravelomanantsoa (ci-contre), Coordonnateur Général des Affaires Sociales, Cultuelles, Culturelles, Jeunesse et Sports, il ne s’agit point d’une place pour l’opposition : « Il s’agira d’une plate-forme pour que les gens, qui qu’ils soient puissent débattre et/ou donner leur point de vue sur des questions d’ordre culturel, social, politique ou économique. Il s’agit d’un droit fondamental du citoyen inscrit dans la Constitution malgache. Cette source d’information démocratique pourra être bénéfique pour le développement même de la cité. En effet, les premiers concernés demeurent les habitants eux-mêmes. Aucun développement ne sera viable et pérenne sans l’adhésion de la population à qui il est néfaste de vouloir imposer des projets n’allant pas dans le sens de l’amélioration de leur vie quotidienne ».

Pour le moment, la balle est dans le camp du Préfet de police, seule autorité compétente pour délivrer une autorisation, quant à l’instauration de cette Place de la Démocratie. Si le président Marc Ravalomanana déclare urbi orbi que Madagascar est une démocratie, aucun problème ne sevrait se poser. Rappelons que cette décision du Maire émane de la fermeture de la station de télévision Viva qui avait retransmis les propos de l’ancien Président Didier Ratsiraka, à partir de son domicile des environs de Paris, le jour de ses 72 ans. Déclarations traduites sur ce site pour que vous aillez une idée d’une menace ou non de l’ordre public.

La décharge d’Andralanitra fonctionnelle

Rappel : face à l’impossibilité pour les camions bennes d’aller au cœur de la décharge d’ordures d’Andralanitra, à cause du très mauvais état de l’accès, le choix de la route digue en tant que site de décharge provisoire s’es inscrit dans une mesure d’urgence, d’autant plus que la situation foncière explique que le terrain appartient à la Commune urbaine d’Antananarivo qui a misé sur un délai d’une quinzaine de jours pour tout remettre en ordre.
La bonne nouvelle émana de l’Adjoint au Maire en charge des Affaires économiques et Urbanisme : « En  ce moment même (en fait depuis le mardi 23 décembre), la route menant à Andralanitra est de nouveau accessible. Les travaux de réfection sont entièrement achevés. Ainsi, la CUA ne recourra plus au terrain municipal d’Anosipatrana comme prévu. La vie revient donc à la normale et toutes les ordures ménagères de la ville d’Antananarivo sont, dorénavant déversées à la décharge d’Andralanitra ».

Au même moment  où, comme prévu donc, la réparation de la route menant à la décharge d’ordures d’Andralanitra était achevée, une équipe du ministère de l’Environnement, de l’aménagement du territoire et des villes est descendue sur le terrain municipal d’Anosipatrana où, durant une vingtaine de jours, ont été déposés provisoirement les ordures ménagères de la Capitale. Cela à la suite de plaintes assez tardives qui reflètent encore une fois une volonté de nuire à la CUA, en cette période de trêve que constituent Noël et les fêtes de fin d’année. C’était le vendredi 26 décembre, le lendemain de Noël. Heureusement, et il faut faire preuve, ici, d’honnêteté intellectuelle, que Jean Hubert Zipa, directeur du contrôle et de l’amélioration de l’intégrité a sein du ministère cité plus haut, a fait preuve de pragmatisme, sans mettre en avant une quelconque appartenance au parti au pouvoir. Et c’est en tant que technicien qu’il a suggéré des solutions à mettre en application par les équipes de la CUA : « Ce dépotoir provisoire devra être remblayé et un canal devra être aménagé pour drainé les eaux usées filtrant les détritus. Ce, en formant techniquement une sorte de dôme. Par ailleurs, un système d’évacuation de gaz devra également être aménagé afin d’assainir l’atmosphère des environs immédiats ». L’équipe de la CUA dirigée par l’adjoint Nhiry Lanto Andriamahazo en charge de la Sécurité, des Affaires administratives et financières a pris note. D’ailleurs, dès le lundi 29 décembre 2008, une réunion technique aura lieu au ministère concerné pour déterminer toutes les actions à entreprendre.

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Places de la démocratie
Le dernier mot au gouvernement

 

Le préfet de police, Edmond Rakotomavo (photo ci-contre) a annoncé que la Mairie de Tana devra s’adresser au gouvernement pour l’instauration d’une place de la Démocratie.
 

L’instauration des places de la démocratie réclamées par Andry Rajoelina, maire d’Antananarivo, ne va pas se faire sans difficulté. Les précisions d’Edmond Rakotomavo, préfet de
police, obligent la Commune à traiter directement avec le gouvernement, avec qui elle n’est pas en bons termes.
« L’instauration d’une Place de la démocratie n’est pas de mon ressort, mais de celui du gouvernement. Il s’agit d’une question très politique », a affirmé Edmond Rakotomavo, vendredi. « Je ne suis pas encore au courant de tout cela et je n’ai pas encore reçu de demande dans ce sens », a-t-il poursuivi, en laissant entendre l’existence d’un ordre du jour différent de celui concernant l’instauration des places de la démocratie, lors de la séance extraordinaire du conseil municipal.
Barils de poudre
Le préfet de police émet quelques précisions avant que la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) ne lui transmette la demande d’autorisation permanente pour les Places de la démocratie. Le conseil municipal a voté le 24 décembre, à l’issue d’un débat houleux, l’instauration des Places de la démocratie au stade d’Ambohijatovo et au Tranompokonolona Isotry. Un vote concrétisant le souhait émis par Andry Rajoelina.
A entendre Edmond Rakotomavo, c’est le ministère de l’Aménagement du territoire, de la réforme foncière et de l’aménagement du territoire qui est habilité à examiner la requête municipale. « Il s’agit d’aménager l’espace d’Ambohijatovo pour un autre usage, d’où la nécessité de s’adresser à ce département », a-t-il avancé.
Le préfet de police apporte une autre précision concernant son incompétence à traiter une demande d’autorisation permanente en vue de l’utilisation de ces deux places. « Dès que le gouvernement prend en charge un dossier, c’est l’Organisation mixte de conception au niveau national (OMC/NAT) qui s’occupe de la question relative à l’ordre public », a-t-il avancé.
Le dossier des places de la démocratie ne va pas améliorer la relation déjà tendue entre la Commune d’Antananarivo et le gouvernement. Avec l’ultimatum du 13 janvier lancé par Andry Rajoelina, la question s’apparente à des barils de poudre qui peuvent exploser à tout moment entre les deux parties.
L’attitude des élus Tiako i Madagasikara (TIM), minoritaires au conseil municipal de Tana, mais majoritaires dans les autres institutions, donne une idée de l’attitude des tenants du pouvoir face aux revendications de Andry Rajoelina. Ils ont opposé une farouche résistance à l’initiative du maire. Ils ont refusé de participer au vote sans pour autant quitter la salle de réunion.
Iloniaina Alain
Date : 29-12-2008