« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour : il ne manquerait pas de recueillir le mépris » (Cantiques des Cantiques : 8 : 7)
 

Vendredi 30 janvier 2009 : Solution : TRANSITION



Le Maire de la ville d'Antananarivo, Andry Rajoelina

Miondrika am-panajana eo amin’ny ireo izay namoy ny aina ary tsy hay ny tsy hiteny noho ny hetraketraky ny sasany tamin’ireo rava fananana noho ny fandrobana nataon’ireo olona voakarama. Manameloka tanteraka ireny fihetsika ireny ny tenako ary manome toko fa na ireo mpanatanteraka, na ireo nanome ny baiko dia tsy maintsy ho fahaizina mafy. Satria na inona na inona antony fiarovana tombontsoa manokana na fanana manokana dia tsy azo ekena ny manamarina ny fangatahana hamono. Misy afaka mamerina izany fananana very izany ao anatina fotoana fohy. Fa ny tena mampalahelo kosa ny aina nafoy tsy mba azo haverina aingana ary tsy ho voavidy vola na ahoviana na ahoviana.

Melohina ihany kosa ny filazana fa raha samy mahay mamotika dia misy koa mahay mamotika, tahaka ny hoe : raha maty aho, matesa rahavako. Tsy azo ekena izany satria tokoa, ny faniliana ny maro, ny tsy fihenona ny tenin’ny vahoaka sy ny tsindry hazo lena nampanjakana teto amin’ny tanàna sy ny firenena no nahatonga izao toe-draharaha izao. Melohina tanteraka ny fanafarana mpikaraman’ady hamono ny Malagasy mpiray tanindrazana. Koa manao antso avo aho, voalohany indrindra mba harovan-tsika ny tanàna sy ny firenena : haverin-tsika ary, araka izany, ny andrim-pokonolona rehetra isaky ny fokontany  izay hifanome tanàna amin’ny mpitandro ny filaminana, satria ny ratsy tsy kely lalàna.

Arahin-tsika maso manokana ny « Banques centrales »  rehetra manerana ny Nosy satria mantsy dia re amin’izao fotoana izao fa misy ny famoaham-bola antsokosoko. Arahin-tsika maso akaiky manokana izany ireo tompon’andraikim-panjakana mpanatanteraka rehetra an’izany fihetsika izany. Sao mampiahihahy ao anatin’ny fiarovana ny tanànan-tsika vahoaka malagasy. Tsy ekena intsony ny fanaovana tsinotsinona antsika vahoaka ; ny tsy fahafahana milaza sy maneho hevitra ; ny tsy fahafantarana izay tena marina eto amin’ny firenena ; ny tsy fiarovana ny ain-tsika, ny fananan-tsika ary  ny havan-tsika.

Manao antso avo koa aho ho antsika vahoaka malagasy rehetra any amin’ny  faritra 22. Mba afahantsika mampirindra ny tolona, dia heveriko ary maha resy lahatra ahy fa mitovy ny fitakian-tsika vahoaka malagasy rehetra, na ny eto Antananarivo, na ny any amin’ny faritra. Ka noho izany dia miantso antsika rehetra aho mba hanohy ny tolona amin’ny asabotsy 31 janoary izao, izay ho tanterahan-tsika ao anatin’ny filaminana tanteraka mba ahafantsika ho tonga any amin’ny tanjona takian-tsika.

Koa efa re koa izany izao fa hisokatra ny haino aman-jerim-panjakana, ny haino aman-jerim-bahoaka. Heveriko fa anaraka antsipiriana izy ireo ny fahazahoan’ny tsirairay hiteny sy maneho ny heviny ao amin’izany hano aman-jerim-bahoaka izany. Ary farany : amintsika Malagasy dia ekena fa fahendrena ny soatoavina, ny fifampiresahana, ny fifampidinihina. Ny vahoaka, izahay na isika dia tsy mandà mihitsy ny fifampiresahana hamahana ny olana. Ny mampalahelo anefa dia miziriziry tsy mety miheno ny vahoaka ny fitondram-panjakana nandritra ny taona maro, nandritra ny volana maro, eny nandritra ny andro maro maro izay. Ary ankehitriny dia mbola tsy misy valiny izany fitakiana izany. Ny hevitry ny vahoaka anefa no henoko. Ary raha mivoitra mankany amin’izany fitakian’ny vahoaka izany ny fifampidinihina, manankany amin’ny làlana fametrahana rafitra teteza-mita farany izay aingana mba ahafana manarina aingana ny firenena, dia vonona ny tenako hiroso amin’izany fifampidinihina izany miaraka amin’ny vahoaka malagasy tsy vaky volo. Noho izany dia tsy maintsy hisy vahaolana aingana ary tsy maintsy raisina amin’ny asabotsy ho avy izao ka hiarahana mametraka amintsika vahoaka eo amin’ny Kianjan’ny 13 Mey .

Masina ny Tanindrazana, ny tolona tsy maintsy mandresy,
Misaotra Tompokolahy, mankasitraka Tompokovavy.

Traduction :

Je me recueille devant ceux qui ont perdu la vie et je peux m’empêcher de me dresser face aux actes de pillage et de banditisme effectués à l’encontre de tous ceux qui ont irrémédiablement perdu leurs biens, effectués par des individus qui ont été payés pour semer le chaos. Je m’insurge et condamne entièrement ces actes et je peux vous assurer que leurs auteurs –ceux qui ont accompli ces actes ignobles et leurs commanditaires- seront sévèrement punis. Car, quelle que soit la raison à vouloir  protéger des intérêts personnels, il n’est pas permis de tuer. Certains ont sûrement la possibilité de  renflouer leurs affaires de manière très rapide. Mais les vies perdues ne pourront jamais être rendues rapidement et aucune richesse au monde ne pourra jamais les remplacer.

Il est aussi condamnable le fait de déclarer que s’il s’agissait de détruire, certains en sont aussi capables.  C’est équivalent à dire qu’après moi le déluge ! Si je meurs, vous pouvez mourir aussi ! Cela est impardonnable comme de mettre sur le banc de touche la majorité de la population malgache ; de ne pas écouter ses souffrances ; de lui imposer des ordres contraires à son bien-être économique et social. Ces états de fait ont été, hélas, pratiqués depuis des années à Madagascar. Ce qui a abouti à la situation actuelle. Il faut condamner l’utilisation de mercenaires pour verser le sang de nos compatriotes malgaches.  Aussi, le lance un vigoureux appel, tout d’abord pour protéger et défendre la ville et la Nation entière : nous allons recourir à nouveau aux comités de vigilance dans les quartiers, qui œuvreront de concert avec les forces de l’ordre. Car le malin trouve toujours un chemin pour nuire.

Nous devrons surveiller de très près toutes les Banques centrales de Madagascar car des informations fiables nous ont fait par d’une velléité d’y soutirer nos réserves en monnaie locale et en devises. Nous devrons être très attentifs aux faits et gestes suspects des responsables de l’administration publique qui effectueront ce détournement de deniers publics. Nous ne devons plus accepter que le peuple malgache soit considéré comme quantité négligeable qu’il faut baîllonner pour l’empêcher de s’exprimer. Peuple à qui l’on ne dit jamais se qui se passe exactement dans son propre pays, concernant les décisions prises par le régime actuel. L’incapacité de ce dernier à protéger les biens et les personnes ainsi que les membres de nos familles.

Je lance également un appel à tous les Malgaches des 22 régions que compte le pays. Car je suis profondément persuadé que les doléances des Antananariviens sont les mêmes des Malgaches de ces régions. Il s’agit, à présent de coordonner nos actions. Aussi, ce samedi 31 janvier 2009, je demande à tous les compatriotes de ces 22 régions à manifester pour revendiquer nos droits. Ces manifestations seront pacifiques et non violentes. Actuellement, les médias publics, Rnm et Tvm, sont de nouveau en état de fonctionner et de diffuser des émissions.  Je pense que le personnel se mettra réellement au service du public, sans exception, en acceptant que tous puissent y accéder et y prendre la  parole.

Enfin, pour nous Malgaches, il est vrai la sagesse se situe au niveau des valeurs  culturelles ancestrales que sont le dialogue et la concertation. Le peuple, ma personne, nous, donc, nous ne refusons pas le dialogue pour trouver une issue à l’actuelle crise. Malheureusement, le pouvoir actuel s’obstine à ne pas entendre et écouter la voix du peuple. Mais moi, j’écoute et me pose en tant que porte-parole de ce peuple. Si ce dialogue mène vers la mise en place très rapide d’une autorité de transition afin de redresser la situation qui prévaut dans le pays, j’irai d’un pas assuré à cette concertation ayant le peuple malgache tout entier à mes côtés.
Aussi, il faut absolument que l’on trouve très vite une solution pour résoudre rapidement cette crise. C’est ce que je vais proposer le samedi 31 janvier 2009 sru la place du 13 mai avec l’appui de tout le peuple.

La Terrer-des-Ancêtre est sacrée ! La lutte vaincra !
Je vous remercie, Mesdames et Messieurs


Andry Nirina Rajoelina sur radio VIVA
Maire de la ville d’Antananarivo
Vendredi 30 janvier 2009

Recueillis, transcrits et traduits par :
Jeannot Ramambazafy – Journaliste
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Radio France Internationale, vendredi 30 janvier 2009 - EXTRAITS

« Vous savez, au jour d‘aujourd’hui, il y a plus de 500 maires indépendants qui m’ont contacté pour entrer dans l’association Tgv. C’est donc pas mal de branches en province. Ce n’est pas encore officiel mais disons que la population, là-bas, écoute et suit nos consignes (…) ».
L’autorité de transition telle que l’imagine Andry Rajoelina aurait pour lettre de mission de modifier le code électoral et la constitution afin d’organiser de nouvelles élections présidentielles dans moins de deux ans. Andry Rajoelina ne pourra pas se présenter en raison de son jeune âge mais il affirme ne pas être intéressé à court terme par le poste suprême :
« Je ne serai pas candidat. Je suis encore jeune. Même si on m’appelle Tgv, j’ai encore plus de 25 ans que carrière politique donc je ne suis pas pressé du tout ».
Andry Rajoelina a déclaré qu’il maintiendrait son rassemblement sur la place du 13 mai, demain matin (samedi 31 janvier 2009), même s’il craint que des casseurs extérieurs à son mouvement en profitent pour décrédibiliser son action.

Nicolas Champeaux (Rfi)

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