
Andry Rajoelina, nouvel homme fort de Madagascar
Ce samedi 30 janvier 2009 à marquer d’une pierre blanche, ce sont des juristes qui sont montés au créneau pour dénoncer la haute trahison et le parjure de Marc Ravalomanana vis-à-vis de cette Constitution dont le respect obnubile les puissances étrangères incluant donc les bailleurs de fonds. Voici, texto, les deux principaux discours de ce samedi, agrémentés de quelques photos expressives et légendées.

Perle Rasoloarijao, qui a énuméré les violations constitutionnelles de Marc Ravalomanana et son équipe
« Article 126 de la Constitution, sur la déchéance du président de la république.
I . Haute trahison
Article 80, alinéa 2 du Code Pénal (CP) : atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat
b) Article 75 : alinéa 2 du CP sur la pénétration de forces étrangères, notamment sur les manœuvres étrangère ayant démonté l’émetteur de la radio Viva et ayant défendu la station Mbs.
II. Violation grave et répétée de la Constitution
- Contrairement aux termes de l’article 3 de la Constitution stipulant que : le territoire national est inaliénable, l’Etat a procédé à la vente de 1,300.000 ha de terrains à la société sud-coréenne Daewoo Logistics, ainsi que la vente des îles Mitsio et Iranja à Nosy Be à la société Active Development
- Contrairement aux termes de l’article 10 de la Constitution sur la violation des libertés fondamentales (expression, opinon, etc…), sans impératif d’ordre public.
- Contrairement aux termes de l’article 8 de la Constitution : discrimination fondée sur la croyance religieuse, quand l’Etat a procédé à la fermeture de l’église Fpvm.
- Violation du serment sur le respect de la Constitution et de tous les textes en vigueur qui valent PARJURE quand le président a acheté l’avion Force One pour un prix de 60 millions de dollars
- Violation du serment sur le respect des textes en vigueur quand il a annoncé en public avoir ordonné à la prise du mandat d’arrêt contre M. Roland Ratsiraka et le Général Rasolosoa Dolin. Ceci, sans évoquer les violations des principes du secret de l’information et du droit à la défense.
- Violation du préambule de la Constitution quand il n’a pas observé l’impératif de recommandation sur la lutte contre la corruption. Quand il a négocié, il fait des tractations avec le P-Dg de Daewoo Logistics qui est pourtant un escroc international recherché par Interpol.
- Violation du préambule de la Constitution sur la séparation des pouvoirs quand il a déclaré en public avoir envoyé tous les membres de la Haute cour constitutionnelle en Afrique du Sud, pour y suivre des formations sur le code électoral et sur la commission indépendante électorale. Ce qui vaut violation des principes généraux de droit édicté par le préambule de la Constitution.
- Violation du préambule de la Constitution relative aux droits et libertés fondamentaux quand il a fait procéder à la fermeture sans impératif d’ordre public de la télévision et de la radio Viva.
- Violation des termes de l’article 43 de la Constitution sur la prise illégale d’intérêts quand il a porté atteinte à la libre concurrence et à la liberté d’entreprise sur le monopole mené par le groupe Tiko.
(Ndlr : A ce sujet, nous avons entendu et écouté l’intervention d’un fonctionnaire, hier vendredi 30 janvier 2009, sur radio Viva. Révélations reprises dans l’article suivant paru dans la Gazette de la Grande île de samedi 31 janvier 2009, en sa page 3 toujours : « Un fonctionnaire du ministère des Finances, entendu hier sur radio Viva, a fourni des nouvelles inquiétantes. Selon cet agent, qui a requis l’anonymat, lui et d’autres fonctionnaires du département ont été réquisitionnés pour mener une tâche précise : effacer des archives informatiques du ministère toutes les données sur Tiko et les entreprises présidentielles en général. Il s’agit, notamment, de gommer les documents se rapportant aux Douanes et au Service des Impôts. Les mémoires qui comportent des informations dans ces domaines sont même détruites, selon ce fonctionnaire, « ceux qui pourraient servirent à des actions en justice » (…).
10. Violation des termes de l’article 46, alinéa 2 de la Constitution, sur l’utilisation à des fins de propagande des prérogatives octroyées dans le cadre de ses fonctions quand il a ordonné aux chefs de région et de district, à faire de la propagande en sa faveur, lors des élections présidentielles de 2007.

Marc Ravalomanana doit partir immédiatement !
NY FANAPAHAN-KEVITR’I ANDRY NIRINA RAJOELINA NIERAHANY TAMIN'NY VAHOAKA MALAGASY
« Tompokolahy sy Tompokovavy,
Manoloana ny fanitsakitsahana ny Lalam-panorenana izay nataon’Andriamatoa Ravalomanana sy ny miara-dia aminy, izay milaza ao anatin’ny article 126, amin’ny teny frantsay hoe : « Article 126 de la Constitution sur la déchéance du président de la république pour haute trahison, violation grave et répétée de la Constitution », dia mangataka ny vahoaka malagasy, mitaky ny fialàn’ny filohan’ny repoblika tsy misy atak’andro !
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Isika kosa, satria ity zavatra ity moa mijery antsika ny olona eran-tany, ka izahay dia miteny : aoka tsy iray tsikombakomba n’iza n’iza, na ny mpamatsy vola, na ny mptitondram-piangonana, sady efa mahafantatra loatra ny fijalian’ny Malagasy ankehitriny. Tsy maintsy atao amin’ny ambaratonga anefa izany. Ka izao ny fandaminan-tsika: ity fangatahana ny fialàn’ny filohan’ny repoblika tsy misy atak’andro ity dia haterina any amin’ny parlemantera. Izany anefa, mba ampaharadalàna tsara ny zavatra ho ataon-tsika rehetra. Ary izaho androany dia manome baiko fa manomboka androany, amin’ny ora sy fotoana itenena izao, satria tsy nanao ny asany ara-dalàna ny governemanta sy ny filohampirenena, ka mandraha-pitsangan’ny governemanta tetezamita, izay ataon-tsika tsy ho ela, dia ny tenako no hibaiko ny fitantanan-draharaha rehetra eto Madagasikara !
Manoloana ny toe-draharaha ankehitriny, dia satria misy fanitsakitsahana ny lalam-panorenana mihoatra tokony no izy; misy famadihana ny vahoaka Malagasy; dia efa mizotra ao amin’ny fanorenana ny governemanta tetezamita izay ho avy tsy ho ela. Fa mandrapahatonga an’izay, dia ny tenako no andray ny fitantanan-draharaha sy mibaiko ny ministera rehetra eto Madagasikara !
Koa manao antso avo aho, izao dia izao tsy misy hatak’andro, ho an’ireo miasan’ny “Banques centrales” rehetra, mba tsy hisy hamoaka vola intsony satria miray tsikombakomba ianareo ary ho saziana mafy raha mbola mamoaka vola any amin’izany “Banques centrales” izany ! Koa satria mbola tsy milamina be loatra ihany koa i Madagasasikara amin’izao isika miteny izao, dia manome baiko aho, mandrapahametraka ireo ministra eny amin’ny ministera mba hitakona daholo ny ministera amin’ny alatsinainy ho avy izao. Efa betsaka ny mpitandro ny filaminana, na ny polisy na ny miaramila, izay nifampiresaka tamiko hoe : miandry izahay Andry Rajoelina.
Ankehitriny dia miantso anareo aho: tongava fa izaho no manome baiko anareo manomboka androany: ny polisy, ny zandary ary ny miaramila. Aoka ianareo mavitrika satria ny hoavin’i Madagasikara no jerena. Aoka ianareo mba tsy ho matim-bola, aoka ianareo mba hanaja ireo maro an’isa. Tiako no miteny anareo fa ny olona nandrava teto androany dia tsy olona avy amin’ny Emmonat. Izany hoe tsy avy any amin’ny miaramila, tsy avy amin’ny polisy na avy amin’ny zandary fa isan’ireo olona voakarama ireo, Tompokolahy sy Tompokovavy. Ka mitaky aho, mangataka amin’ireo mpitandro filaminana mba hisambotra an’ireny mpikaraman’ady ireny tsy misy hatak’andro, Tompokolahy sy Tompokovavy !
Tokony ho samborina ny mpikarama an’ady! Fantatro, fantatray no toerana misy azy ireo ankehitriny. Ary izaho dia miantso anareo miaramila mba hiaraka ivory amiko rehefa avy eo, hisambotra ireo mpikarama an’ady ireo, Tompokolahy sy Tompokovavy. Ho anareo, ho an’ny sasantsasany izay mbola mety andihy ihany sy minia handika ny lalàna na hiaro ny tombontsoan’ny olom-bitsy, izaho dia miteny fa raha manakorontana ianareo, raha minia izay baiko izay omena ianareo ho anaovako “mandat d’arrêt” ihany koa. Ary ireo izay tsy manaraka ny lalàna dia tsy maintsy ho samborina,
Tompokolahy sy Tompokovavy.
Arahabaina isika rehetra, ny tolona tsy maintsy mandresy; misaotra anareo Tompokolahy, mankasitraka Tompokovavy !

TRADUCTION
DECISIONS D’ANDRY NIRINA RAJOELINA EN CONCERTATION AVEC LE PEUPLE MALAGASY
« Mesdames et Messieurs,
Devant cette violation de la Constitution effectuée par Monsieur Marc Ravalomanana et son équipe, stipulée dans l’article 126 de la Constitution sur la déchéance du president de la république pour haute trahison, violation grave et répétée de la Constitution, le peuple malgache exige le départ sans délai du président de la république !
Mesdames et Messieurs,
En ce qui nous concerne, puisque les yeux du monde entier sont braqués sur nous, je déclare qu’aucun de nous ne doit être leurs complices, ni vous les bailleurs de fonds, ni vous chefs d’église qui connaissez que trop la souffrance qu’endurent les Malgaches actuellement. Notre démarche devra se faire par étape et voici comment nous allons procéder : cette requête du départ immédiat du président de la république sera déposée auprès des parlementaires. Cela dans le respect de la légalité et de la loi.
(Ndlr : l’article 126 stipule : - Le Président de la République n’est responsable des actes accomplis dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison ou de violation grave et répétée de la Constitution.
Il ne peut être mis en accusation que par les deux Assemblées parlementaires statuant par un vote séparé, au scrutin public et à la majorité des deux tiers des membres composant chaque assemblée. Il est justiciable de la Haute Cour de Justice et peut encourir la déchéance.
Si la déchéance est prononcée, la Haute Cour Constitutionnelle constate la vacance de la Présidence de la République ; il sera procédé à l’élection d’un nouveau Président dans les conditions de l’article 47 ci-dessus. Le Président frappé de déchéance n’est plus éligible à toute fonction publique élective).
« A l’heure qu’il est et au moment où je vous parle, parce que le gouvernement et le président de la république n’ont pas effectué leur mission convenablement dans l’esprit et le respect de la loi, je décide de prendre en mains les affaires de Madagascar, jusqu’à ce que le gouvernement de transition soit mis en place. Ce qui se fera le plus rapidement possible.
« Je lance donc un appel avec effet immédiat à tout le personnel des banques centrales de ne plus y retirer des fonds car, se faisant, vous vous faites leurs complices et vous serez sévèrement punis si vous vous obstinez à le faire. Et puisque le pays tout entier ne vit pas dans une pleine sérénité, à l’heure où je parle, en attendant que les nouveaux ministres prennent leurs fonctions dans les ministères, j’ordonne que tous ces ministères soient fermés à partir de lundi prochain.
« Nombreux sont les éléments des forces de l’ordre, qu’ils soient policiers ou militaires, qui ont eu des entrevues avec moi, qui m’ont déclaré : nous vous attendons Andry Rajoelina ! Au jour d’aujourd’hui, je m’adresse à vous publiquement : venez car, à présent, c’est moi qui vous donne des ordres, que vous soyez policiers, militaires ou gendarmes. Soyez fermement décidés car c’est l’avenir même de la Nation qui est en jeu. Ne vous laissez pas soudoyer par l’argent, respectez le grand nombre. Je tiens à vous informer que ceux qui ont commis des perturbations, sur cette place tout à l’heure (Ndlr : des éléments en uniformes étaient venus prendre des chaises devant la tribune mais ils ont été pourchassés et ont du quitté les lieux grâce à la vigilance du service d’ordre. Les éléments officiels encadraient la place et surveillaient les magasins et commerces alentour) ne faisaient pas partie de l’Emonnat (forces armées mixtes). C’est-à-dire qu’il ne s’agissait ni de vrais policiers, militaires ou gendarmes mais d’individus payés pour semer le désordre. Mesdames et Messieurs, j’ordonne donc aux éléments réguliers d’appréhender sans délai ces mercenaires. Il faut arrêter ces mercenaires !
« Je sais, nous savons où se trouve leur point de ralliement maintenant. Par ailleurs, j’invite les chefs des forces de l’ordre à venir se réunir avec moi tout à l’heure. Quant à vous perturbateurs, si vous persistez à vous entêter à vouloir semer le désordre, si vous conitnuez à voulor à tout prix défendre les intérêts d’une minorité, si vous ne respectez pas la loi, je lancerai aussi un mandat d’arrêt contre vous !
Mesdames et Messieurs,
Je vous adresse des félicitations réciproques, la lutte sera victorieuse. Je vous remercie ! ".
Andry Nirina Rajoelina
Place du 13 mai, le samedi 31 janvier 2009
Un reportage de : Jeannot Ramambazafy, journaliste