« Toute l'eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l'Amour. Et toute l'eau des fleuves serait incapable de le noyer. Imaginons quelqu'un qui offrirait tous ses biens pour acheter l'amour :
il ne manquerait pas de recueillir le mépris » (Cantiques des Cantiques : 8 : 7)
Hold-up sur le SAMVA : tenants et aboutissants par le journal TeloNohorefy
La Une de Telo Nohorefy du 9 septembre 2008
SAMVA
C’est fait. Sans crier gare. C’est le journal bi-hebdomadaire entièrement en langue malagasy « Telo Nohorefy », dans sa livraison du mardi 9 septembre 2008 qui nous livre les tenants et aboutissements de ce véritable hold-up sous couvert du pouvoir central. Traduction.
« Il y a 230 millliards que le pouvoir Ravalomanana entend aussi accaparer »
Vendredi dernier, le premier responsable d’une société française oeuvrant dans la transformation des ordures ménagères en usine était dans la Capitale de Madagascar. Il s’agissait d’une visite de travail faisant suite à celle effectuée par le Maire Andry Rajoelina en France, du 6 au 13 février 2008. A cette époque, un protocole d’accord avait été signé, portant sur la construction d’une usine de transformation des ordures ménagères de la Capitale. Le financement initial de ce projet s’élève à quelque 20 millions d’euros, soit 230 milliards d’anciens francs malagasy ou encore 46.000 millions d’ariary environ.
Selon la loi en vigueur, ce genre d’investissement doit passer par le trésor public mais non pas aller directement dans les caisses de la Commune urbaine d’Antananarivo. Il est donc clair comme l’eau de roche que c’est ce financement que le pouvoir central veut s’accaparer en ayant décrété qu’à partir de ce jour (9 septembre 2008) le Samva est placé » sous l’autorité du ministère de l’Eau. Rappelons que cette entité, comme son nom l’indique est un service autonome de maintenance de la ville d’Antananarivo en matière de ramassage d’ordures ménagères en particulier et dont le Président du Conseil d’administration était le maire Andry Rajoelina qui avait le pouvoir et le droit de nommer le directeur du Samva. A partir de ce moment donc, c’est le ministre de l’Eau qui s’occupe de ces nominations. En fait, ce n’est pas la construction de l’usine de transformation qui est une priorité du pouvoir Ravalomanana mais les gros sous pour le faire. Rappelons que c’est au mois de juin 2008 que la décision du pouvoir central de dessaisir la Cua de la gestion du Samva a été prise. Mais elle n’a eu lieu qu’au moment de l’arrivée du premier responsable de cette société française. Etait-ce pour lui dire que, « désormais, ce n’est plus le maire Andry Rajoelina qui est votre interlocuteur, dans cette affaire, mais nous ? ».
La page 4 où est rédigé l'article en malagasy
En dehors de cette dictature qui ne dit pas son nom, il y a également une autre affaire de gros sous portant sur l’octroi de 400.000 euros de l’Union Européenne destinés à la Cua mais que le pouvoir central bloque toujours. Ne parlons pas de la subvention étatique qui a été réduite à rien si l’on compare à celle octroyée aux prédécesseurs du maire actuel. Rappelons que cette subvention de l’Etat n’est pas un don mais bel et bien un droit de chaque commune, émanant du trésor public à travers les impôts payés par les citoyens. Et, en parlant d’impôts, n’est-ce pas la population d’Antananarivo qui paient la part la plus importante à travers tout Madagascar ?
Le 3 juillet 2008, toutes les parties étaient d'accord et avaient signé un protocole d'adultes. Où se trouve la notion de la parole donnée à Madagascar ? Ci-dessus, le Chef de la préfecture de police, le Chef de région, le ministre des Transports, le Maire de la ville d'Antananarivo et son équipe, les présidents des 5 coopératives. Une image trompeuse car la décision du Premier ministre foule aux pieds la Constitution en vigueur
Les 5 étapes de la mainmise du pouvoir central lu dans Tribune du 10 septembre 2008 1- la non- désignation par le maire des chefs de Fokontany ; 2- la confiscation des fonds privés de la commune par le Trésor ; 3- l’obligation imposée par le gouvernement à la CUA de payer ses dettes depuis 1980 ; 4- l’ingérence de l’ATT dans la gestion de la gare routière d’Ampasampito ; 5- la nationalisation du service d’assainissement et de voirie d’Antananarivo par l’Etat.